Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

NZ 15, le Southland...ou la Nouvelle Zélande du passé...

NZ 15,  le Southland…

 

…ou la Nouvelle Zélande du passé.

 

Une région qui s’apprécie en été certainement…

 

Les essuie-glaces de la Datsun effacent du pare-brise le crachin tenace qui encombre ce matin l’étendue de l’immense Pacifique.

Ici, l’océan s’égare vers le pôle Sud et les mers australes.

 

Sous un ciel gris d’automne, la route 99 qui plonge vers le Sud du Sud, traverse des terres éloignées, un peu perdues sans doute, dans un horizon qui parait abandonné.

 

Sur la « Southern scenic road » les touristes ne se bousculent pas à cette période de l’année.

 

On débarque dans le Southland un peu par accident, en se laissant parfois porter par la route le temps d’une rêvasserie, ou alors aussi pour aller délibérément hanter le fond du fond de l’ile…

 

Venir voir un peu là où même les Néo-zélandais du nord ne vont jamais !

 

Le paysage est bousculé par les vents violents et froids du Sud Ouest Pacifique. Nous quittons les fjords mais nous ne quittons pas la mer.

Les éléments ont façonné la côte ; les pins maritimes, raides gominés par les rafales s’arc-boutent inclinés sur des falaises rongées par de puissantes vagues.

 

Quelques villages en bordure d’océan semblent ne plus rien attendre : des habitations aux murs délabrés révèlent un territoire rural profondément marqué par une misère qui s’installe depuis déjà plusieurs années…

 

Cette région, autrefois asile d’espoir des premiers Européens venus conquérir les nouveaux  territoires, se vide de sa jeunesse partie lorgner si dans le nord le soleil brille plus qu’à Invercargill.

 

Invercargill, un nom imprononçable à l’accent Écossais ; Une des villes les plus australes du globe qui vit naitre la première ligne de chemin de fer du pays, dopée par un important trafic maritime de la production ovine à destination de l’Angleterre.

 

Invercargill est entouré encore par quelques grosses fermes générant du travail dans les abattoirs et dans la congélation…

 

La ville a conservé ses façades Victoriennes et quelques immeubles « Art déco », témoins d’un passé dynamique.

Aujourd’hui, dans un centre ville décati, le vent s’engouffre dans de larges artères, trop grandes, trop vides et trop tristes pour sauvegarder la confiance dans l’avenir.

 

Quelques bikers stationnent de temps en temps devant une vieille galerie qui abrite l’« Indian scout » rouge, une des motos du légendaire Burnt Munro détenteur du record de vitesse sur route. Munro est né tout près d’Invercargill.

 

Encore un peu plus au sud, battue par les vents et les embruns, s’accroche la petite bourgade de Bluff.

C’est de Bluff qu’appareillent les navires Néozélandais pour l’Antarctique, c’est de Bluff que viennent les plus célèbres huitres du pays que l’on vend décoquillées, assez grasses et très souvent laiteuses…

 

C’est aussi à Bluff que l’on rencontre une autre Nouvelle Zélande, un peu oubliée, trop loin probablement de Wellington…

Une Nouvelle Zélande qui ne s’inscrit guère dans les dépliants touristiques,  une Nouvelle Zélande trop délabrée par endroit, trop miséreuse pour pouvoir figurer dans les excursions des tours opérateurs…

 

En arrivant un jour de pluie dans ce terminus du Sud, c’est pénétrer l’univers des films de Ken Loach et observer de près la misère sociale qui endort ce bourg de pêche…

 

À ne pas manquer, quelques pubs où la bière coule tard le soir ; Ces bistrots chaleureux qui vous font penser que cette nuit vous êtes peut être en Irlande ou dans la banlieue de Liverpool…

 

Le jour de l’ « Anzac day », Bluff commémore la mémoire de ses soldats morts « overseas », en faisant appel à un bagad venu de Dunedin…Le temps du défilé vers le monument aux morts, les racines écossaises de la communauté Scottish, vibrent à nouveau au son des bagpipes.

 

Ce jour là on distribue de la soupe chaude aux passants, c’est la tradition.

 

En remontant vers le Nord Est, la route s’enfonce dans une nature privilégiée, sauvage…La côte est bordée par les forêts primaires qui colonisent les falaises d’argile.

 

Au détour d’un promontoire, une trouée dans le bush dévoilera une plage de sable blond, un sentier qui s’élargira vers la mer ou une crique où flemmardent les lions de mer : nous sommes dans les « Catlins », une région reculée qui fait le bonheur des surfeurs et des amoureux d’une  nature quasi vierge riche en cascades et baies torturées.

 

Loin du monde moderne, le temps s’est arrêté aux Catlins : routes côtières non goudronnées, couverture téléphonique inexistante, rare poste d’essence.

 

Dans cette Nouvelle Zélande, qui sans le vouloir, protège une époque révolue, le voyageur fait un saut dans le temps ; il peut voir et sentir  ce qu’ont vu et senti les premiers immigrants qui débarquèrent sur ces côtes inconnues…

 

Arpenter les Catlins, c’est respirer la Nouvelle Zélande du passé!

 

 



07/05/2013
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