Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Soudan 4, au cœur de la Nubie, le Gebel Barkal à Karima.

Soudan 4, au cœur de la Nubie, le Gebel Barkal à Karima.

 

 

 

 

 

 

Jean Claude Golvin, archéologue Français et ancien chercheur au CNRS, premier spécialiste au monde ce la restitution par l'image des grands sites de l'Antiquité.

 

 

 

« J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence... »

 

 

 

Antoine de Saint-Exupéry,  Le Petit Prince.

 

 

 

 

J’ai reconnu le sourd ronflement du diesel. Puis c’est une petite vibration perceptible dans les montants métalliques du sommier.

 

 Au moment où il tracte sa charge, à quelques mètres de la locanda, le  mur de briques de terre danse un poil.

 

Deux convois dans la nuit, pas de quoi perturber notre  sommeil.

 

 Les trains de marchandises viennent des mines de Karima, ils font route vers Khartoum ou Wadi Halfa au nord.

 

 

 

 

 

 Nous sommes au cœur de la Nubie, ce vaste pays qui n’en n’est pas un.

 

 

« Le pays des Cataractes », le Couloir de l’Afrique,  fut une région très convoitée : Carrefour des caravanes, circulation des hommes et des idées nouvelles, la Nubie s’étend sur près de 1 300 kilomètres, entre Khartoum au  Soudan, et Assouan en Égypte.

 

 

L’Histoire de cette région, à maintes reprises,  relatée par les seuls Egyptiens qui ont trop souvent considéré les Nubiens  comme des « barbares », mérite une réécriture ou pour le moins un autre regard plus légitime.

 

 

Une  Civilisation capable de bâtir des palais et des temples, habile à hiérarchiser une société, respectant ses rois défunts  au point  d’ériger des pyramides, ne peut durablement être marginalisée par le voisin du nord.

 

 

Des archéologues d’exception sauront rendre à la Nubie et au Soudan  leur juste place dans l’Histoire « Égyptienne ».

 

 

Petit déjeuner rapide, Osman va nous pousser jusqu’à Atbara. De là nous pourrons prendre un minibus qui nous mènera à Karima.

 

 

Les habitations se font rares, les arbres s’effacent du paysage.

 

 

 

Sur cette  route monotone qui  se perd à l’horizon, nous faisons l’arrêt dans une gargote connue d’Osman pour un  « vrai café ». Servi brûlant, en silence, à l’abri de palissades tressées en bambou.

 

 

 

Dehors, soleil pâle du matin, pas de bruissement de feuilles. Aucun gazouillis  d’oiseaux.

 

  Seul le bourdonnement des poids lourds résonne au loin dans le désert. Ensuite, le silence…Le silence du désert.

 

 

À Atbara nous saluons Osman, il repart sur Khartoum, nous avons l’impression de le connaître depuis longtemps…

 

Dès le départ  La mayonnaise a pris avec le Soudanais !

 

Osman, un gars au bon cœur !

 

 

Près de la mosquée, la gare routière expose ses pelouses  d’un vert pétant…

 

 

 

Ici on aime la couleur, pas toujours de très bon goût  d’ailleurs : le minibus qui  se pointe a des allures de sarcophage capitonné !

 

 

Rideaux  noirs, pompons rouges et blancs qui dansent au-dessus des têtes, rien de très rassurant ; Mais le conducteur semble cool, il pilote le corbillard avec prudence.

 

 

 

 

Au Soudan, les accidents routiers sont beaucoup moins nombreux qu’en Ethiopie, mais les routes souvent  tracées rectilignes dans le sable favorisent l’endormissement, ça ne pardonne pas !

 

 

 

 

Quatre heures de route pour rallier Karima, pause casse-croute comprise ; Nouvel arrêt dans une mer de sable où tristement, sans bruit aussi, les déchets s’accumulent.

 

 

 

 

Osman nous aura aidé jusqu’au bout, le téléphone a fonctionné : sur la place centrale de Karima nous sommes pris en charge par un jeune Soudanais qui nous propose un hébergement.

 

 

 On est facile à repérer, nous sommes les seuls « visages pâles » en provenance d’Atbara !

 

 

La locanda est basique mais propre.

 

La chambre est sans fenêtre mais l’électricité fonctionne et dans la cour, petit plus, une douche avec un vrai filet d’eau !

 

 

Pour le décor : zones de dunes,  champs sablonneux, formations isolées de grès brun érodé et un immense djebel,  le « Gebel Barkal » dominant le village.

 

 

Une montagne « sacrée » !

 

Les anciens Egyptiens  évoquaient la montagne « pure » ; L’impression de solennité est accentuée par la découpe d’une aiguille de grès d’une centaine de mètres de hauteur qui semble jaillir du massif.

 

 

Au pied,  les ruines d’un temple dédié à Amon et les vestiges de l’ancienne capitale du Pharaon Noir Taharqa.

 

 

 

 

Un roi ambitieux qui réussit à conquérir l’Egypte,à une époque où le royaume de Napata  a dominé la vallée du Nil (-900 à -270)

 

 

 

 

Taharqa se fit enterrer à proximité : sur les dunes, une belle série de pyramides se dressent à l’ombre du Gebel Barkal.

 

 

 

 

 

 

Une nécropole qui a sans doute inspiré le village actuel, un cimetière musulman d’une grande sobriété s’étend sur le sable.

 

 

 

 

Il est 17h, le soleil s’en va quitter le Gebel Barkal, un vent frais balaye le désert, des chiens aboient autour des pyramides.

 

Nous sommes seuls...Véritable faveur du désert!

 



19/01/2018
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