Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Soudan 3, de Naga aux pyramides d'Al-bejrawia...

Soudan 3, de Naga aux pyramides d’Al-bejrawia…

 

 

 

« Quand le désert avance, c'est la vie qui s'en va

La faute à pas de chance, ou dieu qui nous foudroie »

 

 

France Gall.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avions dit « 8 heures ».

 

Dès 7 heures le 4X4 était sagement garé devant l’hôtel, Osman notre chauffeur avait dû passer la nuit dans le véhicule.

 

 

 

Ç’est un bon gars, ça se voit sur sa tête souriante, un grand calme.

 

 Il connait bien le désert.

 

 

 Osman sait où faut-il quitter le ruban d’asphalte pour entrer dans le sable, repérer la piste souvent effacée par les vents, éviter la roche piégeuse et trouver l’ombre quand c’est possible dans cette étendue désertique où les djebels, sentinelles montagneuses érodées,  paraissent surveiller les temples nubiens depuis des siècles.

 

 

 

 

 

« Il faut faire les courses ! » nous annonce-t-il, « là où on va, il n’y a rien ! …que du sable ! » Ajoute-t-il dans un grand éclat de rires !

 

 

À la sortie de Khartoum, nous faisons plusieurs arrêts pour le ravitaillement : Osman a ses  endroits fétiches pour l’achat des légumes, des fruits, de la viande…

 

 

 

Il râle un petit peu plus chaque jour : tout augmente (inflation de 37% en 2017), surtout les  prix en boucherie.

Les Soudanais  donnent l’impression que lorsqu’ils n’ont pas de viande à table, ils n’ont pas fait un vrai repas !.

 

 

«  Vous aimez l’agneau ? » …Alors ce sera du « sauté » ce soir.

 

Excellent d’ailleurs, plus près du mouton que de l’agneau, car ici on abat rarement les animaux qui n’ont pas suffisamment engraissés.

 

 

Et puis il y a cette décision gouvernementale récente : le choix  de confier les importations céréalières au secteur privé qui entraine l’abandon d’un tarif social et le doublement du prix du pain !

 

 

 Officiellement la crise du pain n’existe pas.

 

 

Les exemplaires de six quotidiens critiquant la récente envolée des prix du pain ont été saisis par les autorités dimanche dernier.

 

 

« Des membres du puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) ont saisi l'intégralité des exemplaires des quotidiens Al-Tayar, Al-Mustaqilla, Al-Karar, Al-Midan, Al-Assayha et Akhbar Al-Watan. »

(Source AFP)

 

Le gouvernement préfère  entretenir une vieille polémique avec l'Egypte, sur un litige territorial,  en espérant raviver une unité nationale.

 

 

 

 

Osman perd son sourire quand il évoque la politique… « C’est comme ça ! » dit-il, fataliste.

 

 

La voiture file sur un macadam en parfait état, c’est la route du nord qui épouse le cours du Nil qu’on aperçoit rarement, enchâssé de chaque côté par un rideau de palmiers.

 

 

 

Ultime arrêt avant la piste : un moulin à huile de sésame, une huile parfumée idéale pour l’assaisonnement.

 

 

 

Moulin à l’ancienne actionné par le lent pas d’un dromadaire encapuchonné.

 

 

Une heure de piste nous conduira  aux temples de Naga, perdus dans le désert  de Bayuda tout près de la sixième cataracte du Nil.

 

 

 

 

Deux temples, témoins de la grandeur passée de l’antique royaume de  Méroé défient le soleil de Nubie ;

 

 

Du IVe siècle av. J.-C. au IVe siècle de notre ère, une importante ville antique se développa  sur cet emplacement ;

 

Naga carrefour entre la Méditerranée et l’Afrique, devint l’un des centres  importants du Royaume de Méroé.

 

 

 

Depuis, le vent et le sable ont eu raison de cette civilisation…

 

 

Le désert avance, il reste la magnifique signature des bâtisseurs dédiée à Amon et à Apedemak, moins connu,  le Dieu Nubien à tête de lion.

 

 

Nous sommes totalement seuls sur ce site : Un grand privilège !

 

 

Un puits rudimentaire marque la vie dans cette solitude brûlante, les nomades  viennent y puiser  l’eau indispensable à la survie dans ce désert.

 

 

 

En route pour Musawarat,  (En piste !) une trentaine de kilomètres plus au nord :

 

 

localité dédiée aux Dieux avec en particulier le temple de l’Eléphant admirablement bien conservé. (IIIe siècle av. J.-C.).

 

 

 

Méroé, Nubie, ces noms évoquent une civilisation brillante ;

 

Une culture  restée dans l’ombre de l’Egypte, ce voisin du Nord si puissant au point d’étouffer en partie cette  richesse des bords du Nil au Soudan.

 

 

Osman orchestre à sa manière  la découverte des  sites  Nubiens : On prend le temps de faire la pause pour le café, le soleil décline ;

 

 

Il  sait garder le « meilleur » pour la fin de journée nous dit-il :

 

 

« Tu vas voir, les pyramides seront plus belles  dans la lumière du soleil couchant ! »

 

 

Il a raison Osman ;  Le site de Bejrawia et ses pyramides aux pentes abruptes, plus escarpées que les « égyptiennes »,  s’enflamment dans le couchant…

 

 

 

Le vent soulève le sable, les façades triangulaires  des pyramides Méroétiques s’affichent dans un ciel  sans nuage comme de hautes voiles noires à la recherche de la brise du Nil.

 

 

 

 

Ce soir nous dormirons dans le désert  mais dans du « dur », une petite locanda basique, propre.

 

Le sable s’est infiltré un peu partout, on secoue les sommiers tressés, on étend les duvets; La nuit est froide dans le désert…

 

Osman est déjà en cuisine, je m’en vais lui donner le coup de main !

 

 

Conseils aux voyageurs :

 

 

Attention à ne pas faire la confusion avec la ville de Meroé située près du barrage du même nom et distant d’environ 4 heures de route du site des pyramides de Bejrawaia qui sont à tort, souvent dénommées pyramides de Meroé...

 

(Mais dénommées avec raison "Pyramides de Meroé", désignant alors le "Royaume de Meroé ")

 

 

 

Les quelques cartes disponibles n’apportent pas les éclaircissements  utiles: bien souvent Méroé continue d'être indiqué en lieu et place de Bejrawaia.

 

Al-Bejrawaia  se situe à 180 Km au nord de Khartoum et au sud de la localité d’Atbara.

 

 

Le malentendu vient du fait que les pyramides de Bejrawaia sont un exemple architectural, une nécropole en fait, typique de la civilisation du Royaume de Méroé.

 

 

À chaque site, on vous demandera 10 US $. Ne pas vous laisser faire, glisser dans la poche du gardien (parce que ça va dans sa poche !) 100 livres Soudanaises… Pas plus, Il n’y a pas de ticket. (Environ 1,5 US $)

 

 

 



17/01/2018
2 Poster un commentaire

A dcouvrir aussi