Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Ethiopie 8, Tribus de la basse vallée de l'Omo.

Éthiopie 8, tribus de la basse vallée de l’Omo.

 

 

« L’administrateur Bernard avait vingt-cinq ans ; après de brillantes études à l’école coloniale il sortait du régiment.

 

 

 Mais il lui manquait un élément qu’on néglige trop à l’école coloniale, on le juge superflu par tradition :

 

c’est la connaissance de la langue du pays où il allait faire sa carrière, des divers dialectes de ceux dont il voulait conquérir le cœur et approfondir l’âme.

 

 

On l’avait bourré d’ethnographie, de droit international, de sciences morales et politiques, d’un peu d’arabe algérien, mais des dialectes  parlés par  les tribus où il allait, point. »

 

 

Henry De Monfreid, le drame éthiopien, 1933.

 

 

 

 

 

 

 

Une analyse toujours d’actualité dans cet immense territoire où se côtoient 280 langues et dialectes ! 

 

 

Comment fédérer des peuples aussi différents ? Comment réunir derrière un même drapeau des populations aussi disparates ?

 

 

 

 

 

Combien sont-ils exactement à se compter (se rassembler ?) sous l’étendard éthiopien ? 

 

Difficile à dire car le dernier recensement qui date de 2014 reste toujours confidentiel…

 

 

 

Officiellement on parle de 100 millions d’Éthiopiens (estimation 2011) mais certains observateurs évoquent le chiffre actuel de 110 millions.

 

 

L’Éthiopie, magique et déroutante, aurait-elle un souci  avec  les chiffres ? Pourquoi un tel écart ? Et pourquoi taire les données ?

 

 

Le recensement mentionne également l’ethnie et la religion pratiquée…Ne faudrait-il pas voir derrière ce manque de volonté  de transparence la pression de la puissante église orthodoxe, qui accepterait mal le développement de la pratique de l’Islam  (beaucoup de mosquées neuves) ainsi que la progression du Protestantisme ?

 

 

 

Au pays de « l’ancien royaume du prêtre Jean »  on n’est sûr de rien…et surtout pas de demain !

 

 

Dans  « Éthiopie… L’empire mythique » Olivier Bourguet fait le constat suivant :

 

 

 « Si la religion a été un des ciments de la nation des siècles durant, elle est maintenant une entrave au progrès ! »

 

 

En peu de mot tout est dit.

 

 

Et pour l’instant, nous descendons un peu plus vers le Sud-Ouest en direction de la vallée de l’Omo.

 

 

 Kaléidoscope de populations dit-on. Le sud éthiopien, dans son ensemble,  est marqué par l’Africanité…

 

 

En évoquant le sud, les gens du nord du pays, avec une certaine condescendance, parlent des « Noirs d’Éthiopie ».

 

 

 

C’est un petit périmètre qui part d’Arba Minch jusqu’à la frontière Sud/Soudan et kenyane avec un point d’ancrage à Jinka  permettant,  à la journée, d’aller à la rencontre des tribus de l’Omo.

 

 

 

Un arrêt à Konso vaut la peine. La communauté gère l’accès aux villages  du pays « konso ».

 

 

La caractéristique de leur architecture et leurs techniques agricoles leur ont valu un classement  au patrimoine mondial de l’humanité.

 

 

Sur des terres en altitude, de 1500 à 2000 mètres, ils ont su développer une ingénieuse pratique de cultures en terrasses limitant le ruissellement des pluies, dans une région où les précipitations sont très faibles.

 

 

 

 

 

Les konso produisent café, coton, sorgho, maïs, haricots…

 

 

Conseils pour la  visite d’un village konso : inscription dans le petit bâtiment qui abrite le « tourist office », pas très loin de la gare routière.

 

 

 Entrée  130 Birr (4 Euros), guide obligatoire, 300 Birr (10 Euros) et négociation pour un tutuk qui vous conduira au village.

 

 

 

 

 

 

Après notre matinée chez les konso, retour à la gare routière et bus pour Jinka.

Une route asphaltée, partiellement dégradée mène à Jinka.  Paysages de montagnes verdoyantes.

 

 

Partout c'est la course quotidienne pour l'eau !

 

 

 

 

 

La grosse bourgade de Jinka est bien située pour les voyageurs qui décident d’aller à la rencontre des tribus de la vallée de l’Omo.

 

 

 

Mais il serait dommage d’ignorer  le marché de Jinka ; beaucoup passe au travers car la pression des guides est accès sur les tribus, or Jinka possède un extraordinaire marché africain, tant par sa dimension que par l’accueil que les paysans  savent réserver aux farenji !

 

 

 

 

 

 

 Le jeudi, c’est jour de marché à  key Afer…

 

 

Rassemblement des tribus Hamer, Ari et Bana. Marché traditionnel et marché au bétail, essentiellement une affaire d’hommes !  spectacle assuré !

 

 

 

Conseils aux voyageurs :

 

A l’arrivée à Jinka vous êtes repérés ; Les guides vous  solliciteront.

 

 

On va bien sûr vous assurer qu’au départ de Jinka un guide est indispensable pour visiter le marché de Key Afer, qui le plus souvent s’appuiera sur un guide local à l’arrivée…Vous voilà avec deux guides !

 

 

On ne manquera pas de vous proposer le 4X4 « indispensable » pour faire la route,  le coût global payable de préférence en Dollars. 

 

 

Enfin, il vous faudra débourser pour chaque photo que vous souhaitez faire des femmes et hommes appartenant aux tribus du sud.

 

 

 

Ce qu’il faut savoir :

 

 

Le guide est inutile sauf effectivement si vous souhaitez entrer dans le détail de la vie tribale.

 

 

Le 4X4 c’est de la plaisanterie…

 

 

Aucun souci pour trouver un minibus qui vous conduira au marché, 1H 15 de transport, 20 Birr/ personne (0,70 Euros).

 

 

 

 

 

 

 

Inutile de se lever tôt, le marché ne débute guère avant 11 heures, de nombreux paysans viennent à pied des montagnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour les photos : refuser poliment le paiement, à la limite accepter une fois pour la forme…

 

 

 

Lorsqu’on aura compris que vous voyagez en indépendant, sans guide,  (on sait que vous descendez d’un minibus !) vous aurez totale liberté à circuler dans le marché, à lier quelques conversations, à prendre un café…

 

 

 

Key Afer est un marché d’exception, profitez –en !

 

 

 

Nous n’irons pas chez les Mursi ! Explications :

 

 

La vallée de l’Omo est devenue le théâtre d’un gros business, en particulier lorsque le touriste souhaite aller à la rencontre des Mursi dont les photos des femmes à plateau labial ont fait le tour du monde.

 

 

Bienheureux le voyageur qui découvrait à la manière d’un ethnologue en herbe ces tribus pas encore perverties par le tourisme…

 

 

Nous arrivons trente ans trop tard !

 

 

Il serait naïf de penser  que notre présence, nos appareils photos, nos portables seraient sans incidence sur les traditions millénaires de ces tribus qui se sont « adaptées » aux exigences des touristes.

 

 

Je ne me pose pas en donneur de leçon, chacun reste libre de faire le choix de ses visites.

 

 

Les retours de voyageurs que nous avons rencontrés, et qui ont fait le déplacement vers ces tribus, sont pour le moins négatifs : alcoolisation tôt le matin, agressivité, paiement systématique des photos, impression de zoo ethnique…

 

 

 

 

Malheureusement aucune association de tourisme équitable n’a vu le jour chez les Mursi.

 

 

Le rapport à l’argent est pour le moins perturbant pour ces populations qui n’en connaissaient pas (ou peu) l’usage.

 

 

 

Les photos que je publie ci-dessous sont des prises de vue en usage libre éditées par des photographes professionnels.

 

 

 

 

 

 

Un hôtel à Jinka : Le « Nasa pension », tout neuf, très bon service, internet en cours d’installation, chambre double : 480 Birr (15 Euros). On peut y faire laver son linge.

 

 

Restauration : Orit hôtel , côté opposé du « Nasa pension », internet  un peu lent mais ça marche.

 

 

 



28/11/2017
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