Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Ethiopie 3, vers le sud, une halte au lac Ziway.


 

Éthiopie 3, vers le sud, une halte au lac Ziway.

 

Hussein m’a dit :

 

“L’Afrique est composée de deux choses : 54 pays africains, et l’Abyssinie.”

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons Addis.

 

 

Dernière formalité avant de nous rendre  vers le sud, une bonne heure de docilité chez Ethiotelecom pour l’achat d’une carte sim 3G pour le smartphone de Marie…

 

 

Comme nous ne sommes pas trop versés dans ce genre de technologie, l’employée valide toutes les différentes étapes,  (photocopie du passeport, photo d’identité), nous expliquant avec beaucoup de patience le fonctionnement de l’engin avec en prime l’option à laquelle nous n’avions pas songé, la puce  va nous « géo localiser » partout sur ce vaste territoire…ah bon ?

 

C’est mieux pour votre sécurité ajoute-t-elle.

 

 

Taxi pour kality bus station. C’est un long parcours à travers la ville pour rejoindre l’immense gare routière poussiéreuse d’où partent, chargés à bloc, les bus qui desservent le sud : nous mesurons le gigantisme d’Addis et son méli-mélo de voitures, camions, charrettes tirées par des chevaux, biquettes, ânes  et vaches sur la chaussée.

 

 

Notre chauffeur de taxi marque un arrêt auprès de ce qui semble être un atelier à tout faire…De la rue, on lui a fait signe, la vieille Lada roule  avec le pneu arrière gauche à moitié à plat.

 

 

 

On regonfle. On repart.

 

 

On s’arrête de nouveau…Cette fois çi on roule sur la jante…Impossible d’aller plus loin mais nous sommes à proximité de la gare routière, tout va bien !

 

Cohue sur le terre plein de la station, prise en charge  immédiate, les sacs sont chargés, nous sommes dans le bus pour le lac Ziway.

 

Autoroute à péage flambant neuf puis route secondaire correctement asphaltée.

 

À plusieurs reprises nous croisons la toute nouvelle ligne de chemin de fer reliant Addis à Djibouti, une bouffée d’oxygène pour l’Ethiopie, orpheline de l’Erythrée indépendante et donc privée d’un indispensable accès à la mer Rouge.

 

 

Les Chinois vont pouvoir débarquer leurs conteneurs en masse, l’Éthiopie pourra commercer en bonne intelligence  avec le reste du monde, l’Etat Djiboutien en tirera aussi des bénéfices.

 

 

Arrivée sous la chaleur à Ziway. C’est derrière la station essence nous a-t-on dit qu’il faut se poser. Chambre correcte, lit confortable, eau chaude…

 

Il faut choisir entre la lumière du plafonnier ou l’alimentation des prises. Quand on branche la lumière saute; on débranche, le plafonnier s'allume... Pour le reste c’est parfait !

 

 

 

 

 

 

 

Pêché dans les eaux pas trop claires du lac, le tilapia grillé est servi copieusement accompagné de pommes de terre et une sauce au piment : délicieux !

 

 

Balayée par le vent, une large allée pavée mène au lac, des carrioles attelées font la navette entre les berges et la rue principale.

 

 

 

 

Il faut profiter de la douce lumière de fin de journée pour musarder sur les rives de ce lac de la vallée du rift africain: spectacle assuré avec les nombreuses espèces d’oiseaux qui semblent faire la pause avant de reprendre leur envol.

 

 

Des enfants pataugent sans nullement effrayer les marabouts qui, la nuit tombante, d’un vol lourd, vont se poser  sur la cime des arbres.

 

 


 

 

Tableau relaxant pour une courte halte sur la route du sud. Pas grand-chose à faire de plus à Ziway, si ce n’est l’immanquable «  Right café » dans la rue centrale, on y sert de délicieux « sprees », ces jus de fruits à étage à la saveur incomparable.

 

 

 

 

Le lendemain, de bon matin, nous grimpons dans le bus pour Shashemene. Nous sommes les deux seuls farenjis (*) à bord et faisons l’objet de toutes les attentions : le bus est bondé mais on me trouve une place  sur la banquette arrière et me voilà au milieu de quatre adolescentes portant le foulard avec élégance. 

 

 

Ma voisine de droite parle un peu l’anglais…Courte conversation ponctuée de sourires discrets.

 

À ma gauche, mains soigneusement manucurées, la jeune fille tape des textos sur un samsung de la dernière heure…Ces quatre-là appartiennent vraisemblablement à  cette jeunesse dorée  d’une Éthiopie moderne s’ouvrant sur le monde.

 

 

Marie a décliné l’offre d’un siège malgré l’insistance de ses voisines. Elle fera une partie du voyage assise sur une caisse en fer à l’avant du bus…

 

Un jeune gamin ne la quittera pas des yeux, sans doute étonné de la chevelure blanche de « mama », les cheveux blancs imposent le respect partout en Afrique.

 

 

 

Peu avant Shashemene une forte odeur de caoutchouc brulé envahit l’habitacle. Les Éthiopiens commencent gentiment à râler sans pour autant perturber le chauffeur qui continue consciencieusement  à éviter les nids de poule dans la chaussée et sans pour autant modifier sa vitesse.

 

 

Quelques cadavres de camions versés sur le bas-côté, un bus incendié et des voitures retournées, minutieusement dépouillées, (ici rien ne se perd !) ne sont pas de nature à rassurer la troupe embarquée.

 

 

Finalement, une côte pentue aura  raison du moteur, les vitesses ne passent plus, une courroie lâche et nous voilà sur l’herbe tendre à faire un peu plus connaissance de nos compagnons d’infortune.

 

 

Ils sont curieux et sympathiques, s’enquièrent de notre voyage et se passionnent pour le petit atlas mondial (édition Ouest France !) que j’ai au fond du sac.

 

 

Minutes précieuses où l’on se sent en partage, chaleureuse émotion  sur ce bord de route !

 

 

 

Les portables se mettent en fonction, prévenu qu’un couple de farenji se trouve en rade, un tuk tuk déboule, il y a un peu de monnaie à se faire !

 

 

Nous saluons les Ethiopiens qui devront patienter pour qu’un autre bus les prenne en charge et déboulons cheveux au vent à la gare routière de la ville : bon plan pour le jeune conducteur du moto-taxi qui nous sort de  l’embarras, nous avons divisé le prix par deux,  le  deal est acceptable et nous avons droit à des tonnes de « welcome ! »

 

 

 

Nous sautons dans un bus pour Dodola, destination les montagnes du Balé…Un trek de plusieurs jours nous attend.

 

 

Après l’épisode du pneu à plat, après le moteur du bus qui rend l’âme, pas de doute nous sommes bien en Afrique…

 

S’il fallait s’en convaincre un peu plus, il suffit de se rendre compte que tout se termine bien, avec le sourire, sans regarder la montre, car si c’est pas aujourd’hui alors ce sera demain qu’on arrivera à destination !

 

 

 

 

 (*) Farenji : désigne les Blancs, les Européens et les Américains…Ce n’est pas péjoratif mais dans le langage éthiopien cela signifie plus ou moins «  Blancs et riches »…Mince alors!



17/11/2017
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