Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Egypte 6, Karnak, quarante siècles d'éternité...

Egypte 6, Karnak, quarante siècles d’éternité…

 

 

 

 

«… Là m’apparut toute la magnificence pharaonique, tout ce que les hommes ont imaginé et exécuté de plus grand.

 

 

Tout ce que j’avais vu à Thèbes, tout ce que j’avais admiré avec enthousiasme sur la rive gauche, me parut misérable en comparaison des conceptions gigantesques dont j’étais entouré...

 

 

… Nous ne sommes en Europe que des Lilliputiens et aucun peuple ancien ni moderne n’a conçu l’art de l’architecture sur une échelle aussi sublime, aussi large, aussi grandiose, que le firent les vieux Égyptiens ; 

 

 

 

L’imagination qui, en Europe, s’élance bien au-dessus de nos portiques, s’arrête et tombe impuissante au pied des cent quarante colonnes de la salle hypostyle de Karnac. »

 

 

Jean-François Champollion (1829)

 

 

 Champollion exagère, la salle hypostyle ne compte que 136 colonnes! Pour le reste, l'analyse est bonne!

 

 

 

 

 

Cité partagée par les eaux paisibles d’un  fleuve quasi  endormi, Louxor s’étire sur les deux rives du Nil.

 

 

 

  À l’Ouest la nécropole et ses tombes emblématiques, ultime demeure des Pharaons  encadrant un gros village que l’on nomme ici le « west bank ».

 

 

À l’Est, la ville fiévreuse, la ville des vivants : la vitrine du gigantisme de l’Egypte ancienne !

 

 

Sur la  rive du levant, Karnak : ce complexe religieux date de 4700 ans et  porte la marque de dizaines de dynasties de Pharaons.

 

 

 Ce n’est pas seulement un temple…

 

 

 De l’allée des sphinx qui y mène jusqu’au lac sacré qui regarde se lever le soleil,  Karnak est un vaste ensemble de ruines, temples, chapelles et pylônes :

 

le site de Karnak  constitue à ce jour le plus grand domaine  religieux jamais  bâti au monde.  

 

 

 

 

Le « temple de Karnak » est en fait une succession de temples. Chaque Pharaon a apporté sa contribution à ce gigantesque lieu de culte.

 

 

 

Durant pas moins de deux mille ans, les Pharaons se sont succédés pour embellir Karnak, le modifier, l’agrandir pour au final occuper près de 125 hectares :

 

Un immense espace dédié à la vénération du   Roi de tous les Dieux,  Amon !

 

 

 

…Et aussi pour honorer son épouse divine Mout, et dans une moindre mesure le Dieu local Montu.  

 

 

Il n’est pas nécessaire d’être spécialiste en Egyptologie, (nous ne le sommes pas, loin s’en faut !) pour mesurer l’extraordinaire envergure de ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.

 

 

 

 

 

 Les fouilles, toujours  d‘actualité, alimentent  une connaissance sans cesse approfondie sur le quotidien  de cette époque ; Les découvertes continuent à être nombreuses.

 

 

 

 

Pour honorer Amon, Pharaon  dispose d’un régiment de « volontaires » …

 

 

Pas moins de quatre-vingt mille « serviteurs » triment sur trois cent cinquante mille hectares de terres cultivées, généreusement amandées par les limons du Nil.

 

 

On y compte  plus de quatre cent mille têtes de bétail et karnak fait naviguer sur le Nil, quatre-vingt bateaux au service de la cité.

 

 

Et puis, et surtout, ce domaine religieux  est « piloté » par un puissant clergé, le plus riche du pays : Huit mille prêtres « gouvernent » Karnak dans la rigoureuse  adoration du Dieu Amon

 

 

 

 

 

L’Egypte antique évoque souvent les prêtres mais plus rarement les prêtresses, pourtant la  récente découverte de la tombe de de la prêtresse Hetpet, morte il y a plus de 4 000 ans, rappelle l’importance des clergés féminins à l’époque des pharaons :

 

Chanteuses, musiciennes, danseuses,

 

 

 

 

mais aussi parfois beaucoup plus influentes car censées pouvoir s’unir charnellement avec le Dieu du temple, les prêtresses avaient leur mot à dire dans l’Egypte ancienne:

 

les Égyptiens savaient que, pour exister, le monde avait besoin de féminité.

 

 

Un noble principe, à n’en pas douter, passé aux oubliettes dans l’Egypte d’aujourd’hui :

 

« Jeunes filles, retournez à l’école ! », c’est le titre de l’article publié  par « Al-Ahram », hebdomadaire en langue française édité au Caire. 

 

Sous la plume de Dina Bark, la journaliste dénonce la réalité du pays qui voit les gamines quitter l’école avant l’âge de douze ans !

 

Conséquence de cette situation, une fille sur trois est illettrée et un quart des femmes seulement sont actives sur le marché du travail.

 

(Source : UN Women, les Nations Unies pour les femmes).

 

 

 91%, c’est le taux effarant des petites filles excisées dont 70% entre sept et dix ans quel que soit la religion, 38% c’est le taux des mariages précoces (donc forcés !)

 

 

Ces chiffres datent de 2012 et sont publiés par le Centre égyptien des Droits des Femmes.

 

 

 Pour interdire et punir ces méthodes barbares, les lois existent…Elles existent seulement.

 

 

Dans une société égyptienne qui devient de plus en plus religieuse et conservatrice, on mesure le boulot qui reste à accomplir dans ce pays immédiatement classé en deuxième position derrière l’Afghanistan en matière de négation des droits de la femme !

 

 

Les Pharaons devraient-il revenir sur les bords du Nil ?

 

 

 

 

Plus de quarante siècles plus tard, de Karnak à Louxor, la très dure condition des femmes ne semble guère avoir évoluée !

 

Les droits de la femme, momifiés, entourés de bandelettes noires,  ne sont pas à l’ordre des préoccupations du moment.

 

 

 Ici on s’inquiète du désamour  du pays :

 

dans le quartier populaire de karnak, ignoré des touristes, là où une shisha et un thé sont vendus sept livres (30 centimes d’euros), on se désole des kiosques abandonnés, totalement vides, dents creuses  béantes qu’on ne parvient pas à soigner.

 

 

 

 

 

 

Mais il reste le temple d’Amon et son impressionnante forêt de  colonnes de la salle hypostyle, toujours capable de faire rêver, grandiose dans ce ciel pur, sans nuage, sur ce monde de ruines…

 

 

 

 

 

La détresse est ailleurs, tout près des Pharaons :

 

Merveilleuse Egypte, les Dieux l’ont elle délaissée ?

 

 

 

 

 



13/02/2018
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