Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Egypte 5, La cité des Dieux, l'âge d'or de l'Egypte: Louxor !

Egypte 5, La cité des Dieux, l’âge d’or de l’Egypte : Louxor !

 

 

« L’hiver en Egypte, l’été à Paris voici le snobisme des hirondelles. »

 

 

Paul Morand.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a de ça plus de deux mille cinq cents ans, le royaume d’Égypte (l’empire ?) s’est effondré et les pierres avec.

 

 

En fin de compte, certaines constructions tiennent le coup quand même, c’est bien pour cette raison que l’Égypte se visite, non ? 

 

 

 

 

Difficile à imaginer, mais c’est plus d’un million d’âmes qui peuplaient cette ville édifiée en l’honneur  des  Dieux.

 

 

Elle se nommait Thèbes,  ce fut la capitale d’un empire qui étendait sa domination de la Méditerranée au Soudan et de la Mer Rouge aux sables du Sahara.

 

 

 

 

Pour la gloire du Dieu Amon, Thèbes la magnifique, rayonna  sans partage ; Elle  connut son apogée 1500 ans avant la naissance de Jésus.

 

 

Beaucoup plus tard, les puissantes armées arabes envahirent la vallée du Nil.

 

À partir de 640 la langue arabe s’impose progressivement sur les bords du fleuve.

 

 

Les paysans d’alors, qui vivent au milieu de ces ruines, l’ont appelé Al-Uqsor, « les palais fortifiés», l’histoire moderne retiendra le nom universellement renommé de Louxor.

 

 

 

 

 

« No english sir…no english…» : ce qui signifie en substance « je ne parle pas anglais ! ».

 

 Sur une table qu’on pourrait penser d’écolier, le cendrier est plein.

 

Dépenaillé, il nous reçoit assis… C’est un militaire ou un policier, on ne sait pas très bien. Il semble seul dans cet espace démesurément grand, plein de vide…

 

lui-même parait sans vie derrière le nuage bleu de sa cigarette…

 

 

Au pied des vitres teintées, la poussière s’accumule ; Une petite annonce maladroitement scotchée sur la porte d’entrée indique « closed », je ne l’avais pas remarqué en poussant la porte.

 

 

Nous sommes place de la gare à Louxor, dans ce qui était, avant, l’office de tourisme !

 

 

 

 

 

 Ça donne une idée de la sérieuse crise économique que traverse le pays !

 

 

Louxor, internationalement connue, héritage mondial de l’UNESCO, ne dispose plus d’office de tourisme. Ça sent la ruine !

 

 

la ville tente de survivre!

 

 

 

 

 

De  la terrasse de l’hôtel, suspendue au-dessus de la promenade que l’on nomme ici « la corniche »,  la silhouette du temple de Louxor se détache des eaux du Nil.

 

 

 

 

 

 

Dans le couchant, le temple d’Amon s’assoupit  et étend son ombre sur l’allée des Sphinx.

 

 

 

 

 

 

Calme étrange sur le Nil.

 

 

Autrefois tumultueuse, Louxor a du mal à sortir du coma en ce mois de février débutant.

 

Seul, le cliquetis des fers des chevaux tirant les calèches rappelle combien la cité des Pharaons  dépend essentiellement de la venue des touristes.

 

 

 

 

 

En attendant les cartes postales, jaunies par le soleil,  gondolent dans les présentoirs.

 

 

 

La brume flotte encore sur le Nil quand le temple de Louxor ouvre ses portes à six heures; Moment idéal pour profiter du majestueux édifice aux dimensions impressionnantes, témoignage exceptionnel du savoir-faire de la civilisation égyptienne.

 

 

 

On pourrait se prendre pour les nouveaux propriétaires ; durant près de deux heures nous serons les seuls  à accompagner les gardiens du temple…

 

 

 

 

 

 

Seuls dans le temple de Louxor au jour naissant, ça paraît incroyable !

 

 

Ramsès le second  (encore lui !)  semble nous faire un clin d’œil, il  sait que c’est le meilleur moment de la journée pour se balader dans les enfilades, arpenter la grande cour carrée et se glisser dans les doubles rangées de colonnes ouvragées.

 

 

 

 

 

 

L’entrée du temple se révèle un peu bancale :

 

 

Pour saluer le Dieu Amon, Ramsès II avait fait ériger deux obélisques (proportions parfaites disent les spécialistes !), il n’en reste qu’un ; Depuis 1836, le second est planté Place de la Concorde à Paris…Un cadeau à la France  (conquérante ?) semble-t-il.

 

 

 

Depuis le règne des Pharaons jusqu'aux époques chrétienne et islamique, le temple a servi de lieu de culte à plusieurs religions.

 

 

 

 

 

 

Mais à l’origine le temple de Louxor ne servait que pour l’avènement de la nouvelle année :

 

On y célébrait la fécondité de la terre fertilisée par les limons du fleuve et la renaissance des forces vitales.

 

 

 C’était  l’occasion de dépoussiérer le Dieu Amon, qui sur sa barque sacrée, quittait le temple de Karnak, sa résidence habituelle, pour rejoindre  le temple de Louxor, où dans la pénombre des chapelles, il allait s’accoupler durant vingt-quatre jours … Avec la Déesse  Mout, son épouse.

 

 

 

Oui, oui,… 24 jours et non pas 24 heures !...En s’unissant à Mout, dans ce tendre et interminable ébat amoureux, Amon régénérait le monde.

 

 

 

 Alors, Il fallait bien 24 jours, la tâche était immense ! (et elle l’est toujours d’ailleurs…immense !)

 

 

 

 Bon, il faut dire que c’est un Dieu et certains bas-reliefs confirment sa grande forme du moment !

 

 

 

 

 

 

Le puissant Amon devait ensuite patienter jusqu’aux nouvelles inondations de l’année suivante pour prouver à sa compagne son amour indéfectible, en principe la première quinzaine d’octobre si on en croit le cycle bien réglé du Nil à l’époque.

 

 

 

L’allée des sphinx qui relie Louxor à Karnak sur plus de deux kilomètres  est en chantier depuis 2006.

 

 

 

 

 

 

C’est une rénovation qui est prétexte à rendre au site sa “splendeur originelle”…

 

 

Les autorités égyptiennes ont éloigné du bord du Nil  les habitants les plus pauvres. Loin du regard des touristes…Dans cet univers mythique les nécessiteux faisaient désordre.

 

 

 

Mais le chantier n’avance guère,  et certains archéologues s’inquiètent de ce  projet  qui entraîne des travaux de terrassement bouleversant des couches de terrain d’une richesse archéologique certaine.

 

 

 

Qu’importe, aux yeux des aménageurs de Louxor… Ce qui compte c’est que commence une nouvelle ère de l’histoire du tourisme en Egypte. Un tourisme de masse, bien organisé, à la rentabilité maximum !

 

 

Comme savent le dire les gamins dans les rues de la ville, « money, money ! »

 

 

Pour le moment, le compte n’y est pas, les touristes ne sont pas franchement au rendez-vous !

 

 

Louxor a aussi son musée depuis 1975, c’est une réussite : superbe collection de sculptures et d'objets trouvés dans la région Thébaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

Visite à ne pas manquer avec, entre autres, une belle statue du Pharaon « hérétique » Akhenaton.

 

 

 

 

 

 

 

Akhenaton c’est un spécial…Il vénérait  le Dieu Aton au lieu d’Amon, on ne lui a pas vraiment pardonné !

 

 

 

 

 

 

 

Pour ceux qui peuvent encaisser  le  harcèlement un peu lourd des commerçants  de la rue principale du souk, une promenade vous mènera entre les épices, les tissus colorés, les fumeurs de shishas et les babioles évidemment« authentiques » à n’en pas douter… (À petite dose !)

 

 

 

 

 

 

Préférer pour la détente le parc et les belles allées ombragées du « Winter Palace » :

 

à défaut de croiser, comme par le passé, d’élégantes vieilles anglaises, vous imaginerez aisément, derrière sa tasse de thé, Agatha Christie rédigeant les derniers chapitres de « Mort sur le Nil »…

 

 

 

 

 

 

 

C’est dans ce somptueux palace, qu’un jour de novembre 1922,  on punaisa au tableau d’affichage une simple note indiquant la découverte d’une tombe…Une de plus !

 

 

 

 

 

 

Les résidents n’abandonnèrent pas pour autant, ni la salle de bridge, ni leur traditionnel « Tea time », pour cette nouvelle jugée peu singulière.

 

Ils ne le savaient pas encore, mais la fabuleuse histoire de Toutankhamon allait pouvoir commencer et  faire le tour du monde !

 

 

 

Demain, en longeant l’allée des sphinx nous rejoindrons  Karnak. Une courte marche dans un Louxor poussiéreux  qui conduit à l’éblouissant complexe religieux  vieux de 4700 ans…

 

Les maçons avaient fait du bon boulot ! Avec l’aide des Dieux, forcément !

 

 

 

 

 

Ne sortez pas vos dictionnaires, j’ai vérifié : Karnak avec deux « K » ; Ce n’est pas Carnac et la belle Bretagne mais  juste  une idée de l’éternité.

 

 

 

 



09/02/2018
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