Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Egypte 15, Au cœur du désert libyque, l'oasis de Siwa.

Egypte 15, Au cœur du désert libyque, l’oasis de Siwa.

 

 

 

 

 

 

« Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, c’est qu’il cache un puits quelque part. »

 

 

 

 

Antoine de Saint-Exupéry

 

 

 

Cinq nuits dans l’oasis…

 

 

 

 

Au départ d’Alexandrie il faut compter une dizaine d’heures de bus pour rejoindre la « mythique » oasis de Siwa. (Oui, oui, j’ai vérifié…Oasis c’est féminin !)

 

 

Sur environ 300 km on longe la Méditerranée jusqu’à Marsa Matruh ; C’est dans cette zone, aujourd’hui fortement urbanisée, que durant la seconde guerre mondiale, s’est déroulée la bataille d'El-Alamein opposant forces Italiennes appuyées des soldats allemands de l’Afrikakorps contre les troupes britanniques et « alliés ».

 

 

Rommel s’incline, Montgomery en sort vainqueur.

 

 

Pause casse-croute à Marsa Matruh. Puis boussole plein sud, où le ruban d’asphalte s’échappe de la côte en s’enfonçant droit dans le désert, pour une nouvelle portion de 300 km.

 

 

 

 

 

 

En fin de journée, le bus bascule vers une immense tâche verte encerclée par les sables…

 

Nous débarquons dans l’oasis de Siwa, « dix-sept pieds » sous le niveau de la mer, à quelques encablures de la frontière libyenne.

 

 

 

 

 

Siwa, la belle oasis, où paraît-il le roi Farouk aimait discrètement disparaître en  compagnie de ses favorites du moment ; Un endroit idéal, au milieu de nulle part, pour abriter les passions secrètes.

 

 

 

Palmiers et oliviers par milliers, maisons en torchis, ruines de l’ancienne forteresse de Shali…Nous atteignons le pays Berbère de l’Egypte.

 

 

 

 

 

 

Dans les cours de terre battue, sur les toits plats couleur de sable, les dates sèchent au soleil…

 

Au pied des échoppes, cageots d’oranges et olives saumurées en bidons empilés servent de fragiles remparts au vent qui soulève la poussière.

 

 

 

 

 

 

 Ici, nous ne sommes pas du tout au pays des pharaons : à l’écart du reste du monde, verrouillé par des sables inhabitables, Siwa a vécu en autarcie, développant sa propre culture, ses usages et son « parler » incompris des autres Egyptiens.

 

 

 Les Siwis, autour de 30 000, parlent le tasiwit (le tamazight de Siwa). Ils n’utilisent l’arabe ou l’anglais qu’avec les « étrangers ».

 

 

 Les « étrangers » de l’oasis sont quelques-uns à regretter le temps d’avant, ils s’en souviennent avec nostalgie …

 

Comme le reste de l’Egypte, l’oasis a changé nous dit-on.

 

 Attablés dans la cour de notre hôtel au moment où le soleil décline, ils se rassemblent pour prendre le thé :

 

 

Luigi, la soixantaine élégante, a connu Siwa il y a près de trente ans :

 

 

 « Il n’y avait que des charrettes tirées par des ânes…quelques motos et c’est tout ! » assure le Florentin, qui durant l’hiver délaisse la Toscane, oscillant au gré de son humeur entre les bords de l’Arno, son studio rue Le Pic à Paris et l’oasis.

 

 

 

 

Martha, une Autrichienne, a acheté « une petite maison de terre, entourée d’oliviers… » ; Vienne et ses valses l’a font regagner la vieille Europe seulement durant l’été.

 

Elle prend soin de faire ses provisions de whisky  à Alexandrie, car dans l’Oasis c’est un peu sec !

 

 

Parlant un très bon français, un Suédois de Malmöe, attelé à une parisienne « bon chic bon genre », quitte régulièrement Athènes où il réside pour profiter « d’une tranquillité incomparable dans l’oasis… »

 

 

La parisienne, j’y arrive, c’est du lourd !…ça parait caricatural mais c’est du vécu :

 

 

« Marrakech, avec tous ces touristes c’est devenu insupportable ! »

 

Elle ajoutera plus tard, se désolant du laisser- aller à Siwa mais retrouvant soudainement des vertus au Maroc:

 

 

«… Eux au moins ils ont un roi…il sait les visser ! »

 

 

Bon, vous avez compris, nous ne jouons pas dans la même cour que ces découvreurs de paradis perdus…

 

 

Et en terme de « paradis », on nuancerait le propos : endroit magnifique c’est certain, mais dans un inquiétant état d’abandon.

 

 

 

 

 

 

 L’Oasis est sale, les palmeraies tout autant, les déchets sont partout et la dramatique absence de touriste n’arrange rien :

 

de nombreux hôtels ne sont plus entretenus, certains lodges tentent encore de faire illusion, mais le compte n’y est pas.

 

 

Venus du Caire en ballade dans un oasis qu’ils ne connaissent guère, les critiques des Egyptiens eux même s’inscrivent de façon cinglante dans les livres d’or empoussiérés des hôtels autrefois de charme…

 

 

 

 

 

Mention spéciale cependant pour un écolodge remarquable que nous avons visité, dont toutes les chambres étaient libres !

 

 Pas un seul client !

 

(et pourtant, seulement 20 Euros la nuit la chambre double breakfast including !)

 

 

 

 

 

Moins isolé que les écolodges, au cœur même du village,  nous faisons le choix d’ un hôtel adossé aux ruines de la forteresse qui n’est plus qu’un château de sable aux murs à moitié fondus, un véritable décor de théâtre :

 

 

 

 

 

 

L’hôtel Albaleshal est un ensemble en pisé, il y fait frais et c’est bien tenu, le staff sympathique est à l’écoute, espérant une reprise du tourisme dans les oasis. Ce n’est pas gagné !

 

 

 

 

 

La vie est calme dans l’oasis, en dehors de la recherche du repos, peu de chose à faire à Siwa :

 

Batailler contre les mouches, combat perdu d’avance, faire de jolies ballades à vélos, se baigner dans le lac salé ou dans les sources chaudes à l’endroit même où la belle Cléopâtre s’alanguissait, et bien sûr profiter d’un incroyable ciel étoilé…

 

 

 

 

 

Ambiance d’un autre temps, sourires accueillants des bédouins… Des yeux clairs, vert jade, éclairent les visages des hommes de la communauté appartenant à la Nation Berbère.

 

 

 Des  hommes seulement !...

 

Car dans l’oasis on ne montre pas les femmes !

 

 

Voilées dans un tarfottet, les femmes quittent rarement leur maison de terre. Les coutumes anciennes demeurent fortes.

 

Les femmes de l’oasis, ombres flottantes, payent le prix lourd de la tradition préservée

 

 

Dans cette enclave bédouine, issue des derniers berbères d’Egypte venus d’Afrique du Nord il y a 12 000 ans, c’est l’homme qui décide…De tout.

 

 

 

 

Dans les premiers instants du film « Kadosh » du réalisateur Amos  Gitaï,  un homme en prière psalmodie :

 

 

« Merci Seigneur de ne pas m’avoir fait naître femme ».

 

 

A Siwa, aux portes de la Grande Mer de Sable, un grand stade surdimensionné, bétonnage inutile, a été construit par le gouvernement…N’aurait-il pas mieux fallu un cinéma ?

 

 

 

 

 

Conseils aux voyageurs :

 

 

 

 

 

Au départ d’Alexandrie, deux bus le matin, 8h30 et 11h30.  Bus également au départ du Caire mais trajet plus long.

 

 

 

 

 Sur la carte de  France Diplomatie L’oasis est située en « zone rouge », donc formellement déconseillée pour les voyageurs...

 

 

 

Il est parfois difficile d’obtenir des informations fiables et récentes sur les conditions d’accès à Siwa qui varient de jour en jour.

 

 

 

 

Se renseigner dans les agences de voyage qui disposent des dernières informations.

 

 

 

 

La proximité de la frontière Libyenne rend le secteur sensible, cependant l’oasis est extrêmement sécurisée :

 

 

Aéroport militaire à l’entrée de l’oasis (hélicos, blindés, télécommunications…) et fort contingent d’hommes en tenu kaki…

 

 

 

 

De ce côté-là aucune inquiétude, les rares touristes sont bien gardés !

 

 

à notre avis, en ce moment aucune inquiétude à avoir (Mars 2018)

 

 

 

 

Inutile d’effectuer une résa d’hôtel à l’avance, sur place on peut choisir.

 

 

 

 

Prévoir le bob sur le crâne, fumer la shisha à l’ombre des palmiers, manger de la biquette ou de l’agneau pour ceux qui veulent, déguster le couscous et les dates, lire un bon bouquin, louer des vélos (une des meilleures façon de découvrir Siwa), admirer le coucher de soleil sur le désert ou le lac en buvant du thé et vous aurez fait le tour de l’oasis.

 

 

 

 

 



19/03/2018
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