Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Egypte 13, Le Caire, Vingt-trois millions d'âmes?...Peut-être plus.

Egypte 13, Le Caire…Vingt-trois millions d’âmes ?...Peut-être plus.

 

 

 

Dans cette fournaise, on se sent tout petit!

 

 

 

 

« Le Caire suffoque. La fontaine ne murmure plus dans le patio du 14 rue Emad el-Dine.

 

 

  Bizarrement, j’entends toujours la voix de mon grand-père. Joseph. Colosse. Des mains de boxeur.

 

 

 Le crâne couvert du tarbouch, il traverse le patio, l’allure grandiose, effrayante.

 

 

 

 Le bawab quitte alors son banc  séculaire pour le saluer, tête basse  comme on salue les pachas.

 

 

 

 Le bawab, c’est le concierge, le portier. C’est toute une institution. Quel que soit son âge, il possède la prodigieuse mémoire des physionomistes des casinos.

 

 

 

 Un visage une fois entrevu est définitivement gravé.

 

 

 

 Lorsqu’il se rassoit, il glisse nonchalamment sa jambe sous lui, en tailleur,  égrène son chapelet tout en observant le va et vient, yeux mi-clos, ou joue avec ses orteils.

 

 

 

 On le croit assoupi, mais tel un chat, il veille. »

 

 

 

 

 Gilbert Sinoué,  « Impressions d’Égypte »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Caire, Gare Ramsès, un matin de mars sous le soleil voilé de la turbulente capitale.

 

 

C’est au moment de passer sous les portiques de sécurité qu’elles  ont  engagé la conversation :

 

 

  « Vous êtes Français ? …Vous allez à Alexandrie ? C’est bien ! »

 

 

 

 Dans cette foule impatiente, en course perpétuelle, elles se font avaler par le flot mais ne  s’en soucient guère…

 

 

 Elles ont la démarche lente et  font de petits pas pour aller s’asseoir sur les bancs de granit poli de la gare ; Nous prenons le même train pour Alexandrie et la Méditerranée, on se pose près d’elles.

 

 

 On devine la bonté sur leur visage, une certaine sérénité, une douceur palpable dans leur regard…

 

 

 

Elles nous disent demeurer à  Alexandrie depuis peu :

 

 

 

 

 « …il fallait s’en aller, quitter Raqqa à cause de Daech…On n’a pas eu peur…

 

Nous sommes parties pour Alep, mais là, les médecins ne pouvaient plus faire leur travail, ils étaient menacés car ils acceptaient de soigner les deux camps…

 

Alors, ce n’était plus possible… »

 

 

 

 

 

 

Elles ont été accueillies par la Confrérie Franciscaine d’Alexandrie ;

 

 

 Un retour au pays pour Rosie qui vient d’Assouan et une parenthèse égyptienne pour Marie, native d’Orléans,  qui veut revenir en Syrie dès que la situation le permettra :

 

 

 

«  …à Alep, là où nous avons encore des sœurs qui nous attendent.. » ajoute-t-elle.

 

 

  Rosie et  Marie ont toutes deux leur âme protégée par le bon Dieu. Elles ont consacré leur vie à apporter un peu de soulagement aux douleurs de ce monde.

 

 

 Une vie bien remplie à n’en point douter.

 

  Leurs visages s’éclairent du rayonnement de ceux qui y croient encore.

 

  Une belle leçon d’humilité certainement, un travail auprès des malades et des indigents, soins et réconfort pour les âmes en détresse, pour ceux qui souffrent…Dans ce Moyen-Orient tourmenté, ils sont légions !

 

 

 

 

Elles ne portent  pas la croix, ne s’aspergent pas d’eau bénite et ne sentent pas la sacristie…

 

 

 Sœur Rosie et Sœur Marie ne passent pas leur temps à brûler des cierges ; Ce sont des femmes engagées, anonymes ou presque… Des Justes.

 

 

 

 

 

 

Marie a 82 ans, Rosie un peu plus, elle ne sait plus très bien, Le bon Dieu fera l’addition quand il le souhaitera.

 

 

Des femmes de conviction…Respect !

 

 

 

 

Nous venons de passer quatre jours au Caire, dans le centre de  la mégapole.

 

 

 Nous reviendrons  dans cette tourmente fiévreuse en fin de séjour…Il faudra bien quand même trouver le temps de s’incliner devant les pyramides !

 

 

 

 Retour sur cette  première approche avec  la plus grande métropole d’Afrique :

 

 

11 heures de train pour accomplir les six cent cinquante kilomètres qui  séparent Louxor  du Caire, ça ne va pas bien vite !

 

 

 

 

 

 

 Choisir la première clase climatisée, prix modique pour les occidentaux, 190 livres (moins de 9 Euros)  confort  appréciable et service mini-bar attentionné !

 

 

 

 

 

 

 

Le train emprunte le couloir du Nil, c’est un chemin de fer d’une autre époque, vieillissant.  Nombreux passages à niveau à fermeture manuel, voies non électrifiées, rail ondulant…

 

 

 

 

 

Le réseau ferré nécessite un besoin urgent de modernisation.

 

 

 

Dans les gares on ne s’embête guère avec les notions de sécurité et c’est peu dire ! Scènes hallucinantes de traversées des voies !

 

 

 

 

 

Nous arrivons de nuit à la gare Ramsès, un des rares établissements ferroviaires  « modernisés ».

 

 

 

 

L’esplanade devant la gare centrale du Caire, c’est…comment dire, comment décrire ? Le bordel ? Oui c’est ça, le grand bordel !

 

 

 

Même préparé à l’inimaginable, ça impressionne, ça file le vertige :

 

 

 

Lumières blafardes voilées de particules en suspension, le bruit des klaxons et des sirènes, le ronflement des moteurs, le crachat noir des pots d’échappement, l’odeur de l’essence et de l’huile brûlée, l’enchevêtrement des véhicules, l’infernale cacophonie des vendeurs qui ont installé leurs étals sous les ponts de béton, le souffle chaud qui soulève la poussière…Un sacré merdier !

 

 

 

Et la foule…Dense, compacte, qui semble hurler d’une seule voix dans un tumulte épouvantable.

 

 

 

C’est mille corridas, il faut vite entrer dans l’arène !

 

 

Nous apprendrons la ville et sa circulation chaotique.

 

 

 

  En observant les Cairotes, slalomant habilement dans l’immense marée du trafic, nous retiendrons comment éviter le danger à chaque traversée de rue. 

 

 

 

 

 

C’est le prix à payer pour découvrir la capitale de l'Égypte, «La Mère du monde », appelée  ainsi par ses habitants chaque jour plus nombreux…

 

 

Dans cette ville tentaculaire,  bouillonnante, qui dégage une énergie capable  d’éloigner le désert, il faut, comme savent le faire les Cairotes, garder son humour et sa bonne humeur…Pas toujours facile !

 

 

 

 

 Mosquées,  mausolées,  resplendissants édifices  de l'empire arabe, immeubles haussmanniens,  anciens palaces délabrés, surprenantes rues discrètes plantées de palmiers,

 

 

et au hasard d’une promenade sans boussole, l’arrivée sur une grande clairière presque sans voitures ni bus :

 

 

 

La place El-Tahrir. (*)

 

 

 

 

 

Une place « nette », aseptisée, contrôlée : quelques minutes suffisent à déployer des blindés au cas où viendrait à certains l’idée saugrenue d’y faire un pic-nic géant pour réclamer « Dieu sait quoi ! ».

 

Ci-dessous: photos d'agences 2011 et 2013.

 

 

 

 

La récréation est terminée ! Le pouvoir veille… «  Inch'Allah »

 

 

 

 

 

Autour de « Tharir », gardé par les lions,  le pont « Quars el Nil » franchit le fleuve et tout près s’imposent  les murs de grès roses du musée égyptien : Un incontournable.

 

 

 

 

 

 

Une pièce maîtresse de la ville, le plus grand musée du monde consacré totalement à l’antiquité égyptienne.

 

 

 

 

 

 

Point d’orgue de cet imposant sanctuaire, le trésor de Toutânkhamon qui  occupe un étage à lui seul.

 

 

 

 

Actuellement, une partie de la collection est exposé à Los Angeles, et certaines pièces du  trésor ont commencé à migrer vers ce qui sera le Nouveau Musée Egyptien en cours de construction  à proximité des pyramides.

 

 

 

 

 

Ouverture (partielle) prévue en 2018 ? Les plus réalistes évoquent 2019 voire 2020… « Inch'Allah »

 

 

 

On a davantage  l’impression d'arpenter un dépôt, une gigantesque réserve  d’œuvres d’art oubliés des balais et ignorés  des plumeaux !

 

 

 

 

 Poussière dans les vitrines vides, éclairage défaillant, signalétique quasi inexistante, étiquetages, quand ils existent, datant de Mathusalem, parfois traduits en anglais, ou en français , c'est au choix, mais rarement les deux à la fois!…

 

 

 

On s’enlise assez vite dans cet espace où le temps semble s’être arrêté.

 

 

 Rayonnages  de statuettes, alignements de sarcophages par dizaines,  bas-reliefs, stèles, bijoux, vases, objets sacrés, momies, trônes, figurines… laissent supposer  qu'aucun choix de sélection et de présentation des pièces les plus intéressantes n'a été fait.

 

 

 

 

Faute de moyens, c’est évident, et faute de volonté  d’y consacrer le minimum  (car Toutânkhamon à lui seul rapporte énormément d’argent à travers le monde) le musée actuel est en hibernation.

 

 

Mais la salle de Toutânkhamon reste magique, bien sûr!

 

 

 

 

Gageons, comme on l’entend dire, « Inch'Allah », que le nouveau musée sera « révolutionnaire », terminologie audacieuse en cette période d’élection où le Président candidat  affiche son omniprésence dans toutes les villes du pays des Pharaons.

 

 

 

 

 

De l’autre côté de la place, agréables jardins de l’Université Américaine où l’on peut prendre un verre à l’abri  du bruit et de la foule. Belle librairie anglophone.

 

 

 


Pour consulter la presse Française, en traversant des rues marchandes,

 

 

 

on pousse un peu plus loin jusqu’à l’institut Français du Caire :

 

 

 

accueil bunkerisé mais  sympathique, importante bibliothèque  de littérature française, bel espace "petite enfance" et  resto dans un patio ombragé avec des plats bien de chez nous !

 

 

 

 

 

 

Quatre jours au Caire, c’est un apprentissage, une mise en bouche…Nous laissons un gros sac à l’hôtel, nous reviendrons dans la capitale.

 

 

Il nous faut un peu souffler, sentir les embruns et écouter les vagues de la grande bleue !

 

En route pour Alexandrie et sa corniche…La ville de Cléopâtre !

 

 

 (*) El-Tahrir : La place El-Tahrir ou Place de la révolution, connue du monde entier depuis les « événements » de janvier 2011, est le symbole d’une Egypte en lutte pour les libertés, la démocratie et la dignité du peuple égyptien.



09/03/2018
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