Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Egypte 10, Louxor, une grande reine, des artisans et des nobles!

Egypte 10, Louxor, une grande reine, des artisans et des nobles !

 

 

 

 

 

« La richesse de l'Egypte atteint un degré inégalé jusque-là...

 

Qui se risquerait à contester celle qui emplit les ventres et laisse dormir en paix un peuple rassasié ? »

 

 

                        Francis Fèvre « La Pharaonne de Thèbes »

 

 

 

 

 

 

 

C’est une très grande dame…Elle en impose dans cette Egypte Ancienne qui voit les Pharaons mâles se succéder !  Elle se couronnera elle-même !

 

 


 

 

Flamboyante ascension dans ce monde d’hommes,  Hatchepsout sera l’unique femme dirigeante d’une Egypte conquérante.

 

 

 

 

 

Vingt-deux  années de règne ponctuées d’édifications de temples, de développement de routes commerciales et d’expéditions lointaines (Le pays de Pount, la Somalie actuelle)…

 

 

Une gouvernance au féminin qui  engendra une période de grande prospérité et de paix.

 

 

La Pharaonne Hatchepsout aura droit à son temple, qu’on dénommait dans l’Antiquité « Le Sublime des Sublimes » : Deir el-Bahari.

 

 

C’est l’un des souvenirs marquants que j’avais en mémoire depuis mon premier voyage en Egypte.

 

 

 

 

Une construction hors norme d’une grande modernité : Accroché à des falaises calcaires qui s’empourprent dès le lever du soleil, Deir el-Bahari  et sa succession de terrasses est un modèle d’harmonie, sobre, aux lignes pures.

 

 

 

 

Certains y verront un style plutôt « soviétique », austère, mais c’est avant tout l’élégance qui domine ce temple unique, niché à la verticale de falaises dessinant un splendide cirque montagneux.

 

 

 

 

 

Des colonnades stylisées, de beaux bas-reliefs, une chapelle  destinée à la vénération de la déesse Hathor, des peintures murales relatant l’expédition au Pays de Pount  et dans cet amphithéâtre,  la géométrie sans cesse changeante des  jeux d’ombre et de lumière, font de ce temple un lieu d’exception  sur la rive Ouest de Louxor !

 

 

 

 

De la troisième terrasse, on devine dans l’écrin vert des berges du Nil,  les temples de Karnak…

 

 

 

 

 Quelques coups de pédales suffisent à faire glisser les vélos dans la pente douce qui conduit au village des Artisans.

 

 

Un village à part  s’il en est : maçons, peintres, graveurs qui bossaient à  la réalisation des tombes royales étaient tenus au secret.

 

(ça n’a pas bien fonctionné !...y’a eu des fuites !

 

 

 

À l’écart du monde des vivants, sans aucun contact avec l’autre rive et  connaissant l’accès aux  sépultures, les artisans avaient donc droit à régime particulier : chaque soir l’enceinte du village était bouclée… 

 

Un espace carcéral  à la campagne en somme !

 

 

 

 

 

 

Vivre et mourir dans ce village a laissé des traces :

 

Quelques tombes d’artisans se visitent, elles n’ont pas les dimensions des tombes royales mais  c’est un pur bonheur  d’y descendre et de découvrir  les peintures qui représentent surtout des scènes de la  vie quotidienne.

 

 

 

 

 

 

Près du village, un temple dédié à Hathor, déesse de l’Amour et de la musique mérite qu’on s’y attarde…

 

 

 

 

 

 

 

Le village des Artisans, délaissé par les groupes, offre bien souvent une visite quasi privée ! Ne pas s’en priver !

 

 

 

Et puis, survient  le coup ce cœur du West Bank, la visite qu’on n’oublie pas.

 

 

 

 

S’il fallait en retenir qu’une seule, c’est  cette vallée qui gagne notre faveur :

 

au pied de la montagne Thébaine, un peu plus de quatre cents tombes, pour beaucoup en mauvais état, mais quelques-unes  qui sont de pures merveilles !

 

 

Bienvenue dans la vallée des Nobles, nécropole de fonctionnaires, hauts dignitaires de la cour royale, scribes...

 

 

 

 « Sois scribe pour que tes membres soient lisses et que tes mains deviennent douces, pour que, vêtu de blanc, tu puisses sortir magnifié et que les courtisans te saluent… »       

 

Conseil d’un père à son fils.

 

 

 

 

Ni roi, ni reine, seulement des Nobles et sept tombes ouvertes à la visite.

 

 

 

Peintures splendides, couleurs encore très vives, sculptures très soignés des personnages, souci du détail…

 

 

 

Une grande finesse que l’on retrouve dans les bas- reliefs de la tombe de Ramose qui fut gouverneur de Thèbes. Des chevelures et des profils féminins superbement gravés dans le stuc.

 

 

 

 

Une perfection  qu’on ne rencontre pas dans les tombes royales,  un travail inégalé s’enthousiasment les égyptologues !

 

 

 

 

 

Très souvent on se plie en deux pour passer dans les escaliers, d’étroits boyaux mènent  aux chambres funéraires, le spectacle est au rendez-vous :

 

 

La tombe de Sennefer, maire de Thèbes, dite la tombe « aux vignes », est un petit  bijou :

 

Celui-là voulait s’endormir pour l’éternité entouré de grappes de raisins…

 

Une bonne idée sans aucun doute !

 

 

 

 

 

Les tombes d’Ouserhat et de Menna, tous deux scribes au service de Pharaon, offrent des représentations de scènes campagnardes, de banquets,  de chasse et de pêche…

 

 

 

Belles nuances de couleurs et délicatesse de l’esquisse.

 

 

 

 

La tombe de Nakht : scribe et astronome d’Amon, lui aussi aime le raisin, et certainement les femmes.

 

 

 Superbes représentations  de danseuses et musiciennes. 

 

Parfois dénudées, on y voit des seins découverts et on se plait à penser que les Egyptiens de l’époque, n’avaient pas inventé uniquement les pyramides,  mais avaient aussi mis au point le string !

 

 

 

 

 

Illustration d’une certaine époque « libérale » sous le règne d’Akhenaton…

 

 

L’Egypte d’aujourd’hui,  en proie à une vague de puritanisme sans précédent,  ferait bien de s’inspirer des fêtes antiques !

 

 

 Programmes de télévision suspendus, chanteuses et danseuses poursuivies en justice, boîtes de nuits fermées et chasse aux jeans «indécents» à l’université.

 

Une campagne de prohibition de «l’immoralité» sans précédent en Egypte est en marche.

 

 

Les salafistes qui défendent une version rigoriste de l’islam tout en soutenant le pouvoir serait à l’origine de cette montée de fièvre puritaine.

 

À un mois des élections, le gouvernement  taxé de « mécréant »  par l’organisation Etat Islamique, chercherait à enfiler le voile de la moralité pour satisfaire les prêcheurs des mosquées.

 

 

 

Du côté de la communauté  « gay et lesbienne » c’est pire,  on serre des fesses !

Ci-dessous  un extrait d’un article publié par le mensuel  Jeune Afrique (01 octobre 2017) :

 

 

 

« Présentés comme homosexuels, dix-sept hommes de 17 à 35 ans ont comparu le 1er octobre à huis clos devant un tribunal du Caire pour « débauche » et « incitation à la débauche ».

 

 

 

Aucune information n’a filtré sur le déroulé de cette audience interdite d’accès aux journalistes.

 

 

 

Une nouvelle audience doit se tenir fin octobre dans ce procès qui s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre l’homosexualité en Égypte.

 

 

Le code pénal égyptien ne prohibe pas textuellement l’homosexualité mais des arrestations pour « incitation à la débauche » ou « mépris de la religion » visent des homosexuels.

 

 

 

Parmi les 17 personnes jugées le 1er octobre, au moins six ont été arrêtées après avoir brandi le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) lors d’un concert du groupe libanais Mashrou’ Leila, connu pour sa défense des droits des LGBT, le 22 septembre au Caire.

 

 

 

En avril 2016, 11 hommes soupçonnés d’être homosexuels avaient été condamnés en Égypte à des peines allant jusqu’à 12 ans d’emprisonnement pour « incitation à la débauche ».

 

 

Cette décision avait provoqué une vague d’indignation internationale. »

 

 

 

 

Ambiance tendue sur les bords du Nil. Il est loin le temps des Pharaons !

 

 

 

 

 

 

Un slogan peut – être pour le peuple égyptien :

 

«  prochaine élection votez Akhenaton ! »

 

 

…Et longue vie aux morts de la vallée des Nobles !



24/02/2018
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