Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Ethiopie 19, Trek dans le massif du Siemen.

Ethiopie 19,  Trek dans le  massif du Siemen.

 

 

 

 

 

« Là-bas c’est l’Érythrée…Tout près…Ils passent la nuit c’est moins risqué. » 

 

 

 

Daniel tend le bras indiquant les mamelons collinaires à l’horizon.

 

 

« Ils sont comme nous, ce sont nos frères ! »  ajoute-t-il.

 

 

Avant 1993, l’Éthiopie et l’Érythrée ne faisaient qu’un. Les interminables conflits meurtriers ont abouti à l’indépendance de l’Érythrée sans que la question frontalière ne soit soldée.

 

 

Combien sont-ils à tenter l’aventure chaque nuit ? Les plus chanceux auront évité la morsure de la balle qui stoppe net la course folle vers la « liberté ».

 

 

Pour nous, « étrangers insouciants » qui sommes de passage, ce sont de splendides paysages.

 

 

Pour  ces  malheureux, à tout prix, fuir cette prison à ciel ouvert ! …Franchir les lignes de barbelés.

 

 

 

 

Ils s’installeront dans des camps, d’autres ne feront que passer.

 

 

 

 

Ils rejoindront le Soudan, la Lybie ( ?), traverseront la Méditerranée… Certains atteindront l’Europe.

 

Combien de jours, combien de mois, combien de souffrances endurées ?

 

Iront-ils rejoindre ces « jeunes mineurs » qui squattent les laveries du quartier de la goutte d’or à Paris ?

 

 

 

« C'est difficile de les encadrer, ils refusent l'hébergement d'urgence. C'était des gamins des rues dans leur pays d'origine. Ils viennent ici pour faire la même chose. »

 

 

(Service de communication de la mairie du 18e arrondissement de Paris à franceinfo).

 

 

Avec Daniel, j’évoque ces migrants.il semble dubitatif, retrouve son sourire devant les  panoramas grandioses  de son pays: « take a picture sir ! »

 

 

 

 

 

Daniel, c’est notre chauffeur.

 

 

 

 Pour nous éviter le bus nous avons négocié avec l’agence le transfert en 4X4 d’Axoum à l’entrée du parc National du Siemen.

 

Un long parcours (265 km) dans un environnement  western annonçant le grand spectacle de la démesure des plus hauts massifs d’Éthiopie.

 

 

 

 

 

Trois nuits et quatre jours, c’est la version que nous avons choisie.

 

 

Mais comme Patricia qui vient d’Annecy, on peut crapahuter une à deux semaines dans ce massif et grimper jusqu’au plus haut sommet du pays, le Ras Dashen qui culmine à 4543 mètres.

 

 

Altitude moyenne 3300 mètres, canyons vertigineux, nombreux sommets dépassant 4000 mètres, pâturages dans les zones les plus basses, lobélies géantes sur des touffes d’herbes rases dès qu’on s’élève vers le ciel bleu azur, gouffres plongés dans des ombres noires, sévères sentiers pentus, escarpements qui filent le tournis : voilà pour le décor ! Magnifique !

 

 

 

 

Sans oublier les colonies de singes Géladas qui assurent un spectacle en plusieurs représentations.

 

 

 

 

À la nuit tombante, le show des Géladas vole la vedette au coucher de soleil !

 

 

 Crinière au vent, ce qui leur vaut le surnom de « singe- lion », ces bataillons de primates, endémiques au massif, galopent à toute allure dans les derniers rayons de soleil qui filent derrière la montagne : extraordinaire tableau, véritable numéro de cirque orchestré par les vieux mâles !

 

 

 

 

Le soir au campement, les faisceaux des lampes frontales zèbrent les toiles de tente giflées par le vent. Froid glacial.

 

En patientant devant café ou thé chaud, nous devinons les cuisiniers qui s’affairent autour des gamelles : de la cabane qui sert de cuisine s’échappent les arômes des épices, repas basiques mais bons et généreux !

 

 

 

Dehors, emmitouflés dans des couvertures, les « scouts » qui nous accompagnent s’apprêtent à passer la nuit à l’abri de buissons : ça m’impressionne, déjà dans la journée ils cavalent comme des cabris, pieds nus dans des sandales plastiques et la nuit ils surveillent le campement sur des sols gelés !

 

 

 

 

 

 

Bien au chaud dans nos duvets, nous rêvons des  Géladas, là- haut, perchés sur les arêtes des pics du Siemen.

 

 

 

 

 

Conseils aux voyageurs :

 

 

 

 

Bien se renseigner sur la qualité des services de l’agence.  Négocier les prix, ici on paye pour marcher !

 

 

Il est possible d’intégrer un groupe au dernier moment (ce que nous avons fait). Nous étions dix, c’est convenable.

 

 

 

 

Ce que nous ne savions pas : l’agence a sous-traité le service, guide « freelance »  peu recommandable, toile de tente médiocre, duvets (fournis par l’organisation) inadaptés, heureusement nous avions les nôtres.

 

 

Attention il fait très froid dès le crépuscule. Au matin les bouteilles d’eau oubliées sous l’auvent sont gelées.

 

 

 

 

Vêtements de montagne indispensables.

 

 

 

 

Le trek en lui-même est de difficulté moyenne, mais deux passages (en 4 jours) à plus de 4000 mètres quand même : prudence pour ceux qui débarqueraient de l’avion, adaptation à l’altitude préférable.

 

 

 

 

 

 

Bon, ça peut faire sourire, mais ne pas venir en sandales ! Ça, seuls les « scouts » savent faire !

 

 

 

 

 

 

Enfin, refuser de payer la totalité du montant demandé : nous avons payé en trois fois, 30% au moment de signer, 50% quand le lendemain nous avons vu Daniel arriver avec le « Nissan patrol », et le reste quand nous avons eu le transfert du parc National à la ville de Gondar.

 

 

 

 

 

L’organisation étant particulièrement défaillante, et comme nous n’avions pas réglé la totalité, le représentant de l’agence s’est confondu en excuses (on s’excuse beaucoup en Éthiopie… « sorry, sorry sir ! ») .

 

 

 Nous avons eu un modeste dédommagement, geste commercial tout de même, nuit d’hôtel et repas « free » et beaucoup plus intéressant, un transfert pour le lac Tana jusqu’à Baha Dar à la date que nous souhaitions.

 

 

Enfin, pour les plus mordus de trek, il est possible d’organiser soi-même une rando dans le massif en courcircuitant les agences : se rendre à Débark (proximité de l’entrée du parc), louer le service d’un « scout » (obligatoire) s’acquitter des droits d’entrée, louer une mule et le matériel de camping, prévoir la nourriture …

 

bien sûr, c’est toute une organisation mais c’est certainement moins cher que passer par une agence.

 

 

Le guide ne sert à rien ! Un « scout » suffit, il connait parfaitement les circuits (non balisés).

 

 

 La seule différence c’est que le guide parle anglais mais le « scout » rarement, il parle Amarhique…

 

Mais on s’y fait vite et  à 4000 mètres on ne parle pas beaucoup, on économise ses paroles !

 

 

 

 

 

 

 

 

 



28/12/2017
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