Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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South Africa, De retour en Europe....

South Africa,

 

De retour en Europe….

 

Maputo sera notre dernière étape au Mozambique : c’est une capitale totalement excentrée qui ignore les provinces du nord distantes de plus de deux mille kilomètres…Maputo est un grand port industriel sur l’océan Indien : c’est d’ici que partent les containers chargés de noix de coco et de sucre.

La ville basse, près du front de mer, a gardé quelques bâtiments coloniaux de l’époque portugaise qui côtoient des buildings de constructions récentes.

 

Bordant la digue, l’alignement des cocotiers se reflète dans les façades de verre des banques et des compagnies d’assurances …Au pied de ces nouvelles cathédrales, les vendeurs de sodas, de bières et de noix de cajou se disputent l’ombre des acacias pour installer leurs glacières.

 

A Maputo on semble aussi cultiver le culte de la voiture puissante…Garées en épi, portières ouvertes, les Mercobenz, Audi et Bmw laissent éclater les sonos saturées de « basses » ; les chauffeurs, Rayban sur le front, nonchalamment vautrés dans les sièges inclinés, laissent tomber les cannetes de bière vides au pied des berlines…Parfois ce sont des bouteilles qui éclatent sur le trottoir, il faut regarder où poser ses pieds!

 

 Quand penseraient Karl Marx, Lénine ou Hô Chi Minh qui patronnent les principales artères de cette ville ? Un Mozambicain sur deux n’a pas connu le tragique de la révolution communiste ni la guerre civile. Cette nouvelle jeunesse qui se saoule d’alcool, de musique lourde et de petits trafics parait ne rien attendre et rêve de l’Amérique…

 

Malgré tout, le Mozambique est un des rares pays de la région à avoir installé un souffle « égalitaire » : dans cette société post communiste les femmes conduisent les voitures, font de la moto (Chinoise !) et sont relativement occidentalisées…Ajoutons à cela que les églises et les mosquées se font rares…

 

Si la pauvreté des Mozambicains ne fait aucun doute, émerge toutefois une certaine liberté féminine ; l’émancipation serait donc en marche dans cette capitale!

 

Il n’est pas possible de porter un jugement sur une ville en y passant seulement 24 heures ; on retient donc uniquement ce qui frappe…Comme à Lusaka, même combat, les poubelles débordent, les détritus s’amoncellent;

Sous la chaleur, les relents d’odeur d’urine marquent les coins de rue… Malgré la brise marine ça pue à Maputo!

 

Mais la ville sait se faire pardonner en proposant les nuits les plus fiévreuses de la côte Est Africaine, dans les bars on y danse jusqu’au petit matin…

 

Lorsqu’on nous sert  deux grandes bières de 50 cl et que le serveur nous dépose à côté deux « demi » en plus, on s’empresse de lui dire que nous n’avons pas commandé les deux autres… C’est avec un sourire qu’il nous fait comprendre que c’est « happy hour » : une grande achetée une petite offerte!

 

Le luxueux bus de la compagnie Transcap est garé à proximité de notre « pensao ». Marie a pris deux places à l’étage au premier rang…vaste pare-brise panoramique, air conditionné et toilettes…sièges inclinables : nous quittons en douceur le Mozambique!

 

Passage frontière sans soucis pour les ressortissants de la Communauté Européenne qui entrent  en « Republic of South Africa ».

Routes larges, parfaitement asphaltées. Accotements stabilisés. Signalisations claires.

 

Dès le premier kilomètre sur le territoire Sud/Af, nous avons compris qu’une autre Afrique nous attendait, une autre culture, une autre façon de voir, un sentiment de « déjà vu »…

De grandes différences avec le reste du continent allaient nous accompagner.

 

Le bus chaloupe doucement sur une route enserrée par les montagnes rocailleuses et verdoyantes de la province du Mpumalanga.

 La vallée qui s’évase au fil des kilomètres est plantée de milliers d’hectares de vergers d’orangers alignés au cordeau.

D’immenses parcelles de canne à sucre et de maïs bordent des prairies grasses.

 Tous les champs de production agricole sont soigneusement clôturés de fils barbelés, les vergers sont électrifiés ; ce pays est le deuxième consommateur de fils barbelés au monde, juste derrière Israël… ça plante définitivement le décor!

 

Avec un taux de criminalité le plus élevé de la planète et le record mondial des viols, l’Afrique du Sud a tout d’un pays qui fait peur.

La fréquentation des furies urbaines comme Johannesburg  oblige à l’extrême vigilance mais ne doit pas compromettre un séjour dans cet immense pays aux multiples facettes!

Tous les visiteurs le diront, ce pays est totalement magique et surprenant!

Découvrir l’Afrique du Sud, c’est avoir le souffle coupé par l’incroyable diversité de la stupéfiante beauté des paysages! C’est aussi aller à la rencontre d’une mosaïque de peuples qui sait accueillir le voyageur de passage…

 

Grand comme plus de deux fois la France, la « Nation Arc en Ciel » se construit aujourd’hui dans des difficultés qui plombent les relations entre Blancs (10%) et Noirs (80%)…et entre Noirs également.

 

 « L’unité dans la diversité » est la devise nationale, un espoir porté par l’interminable combat emblématique de Nelson Mandela; une espérance malheureusement mise à mal 18 ans après la prise de pouvoir du leader de l’ANC.

 

Si l’apartheid « disparait » en Juin 91, subsiste alors une discrimination sociale et économique impactant fortement les populations noires et quelque minorités blanches…Ce pays qui apprend dans la douleur la démocratie, suscite des inquiétudes légitimes sur fond de tensions sociales d’une extrême gravité : grève des mineurs  réprimée dans le sang (officiellement 37 morts en septembre dernier), 40% de chômage dans les townships, violences multiples contre les Zimbabwéens, Zambiens et Congolais accusés  de déstabiliser le marché du travail en acceptant des salaires minables pour des conditions de travail pénibles.

 

L’Afrique du Sud semble être au pied du mur…Espoirs déçus, corruption, difficultés de la vie au quotidien, taux de sida qui explose (20%, peut être plus...) : autant de défis à relever pour cette jeune Nation en devenir ou pas. 

 

Nous sommes sur la route de Nelspruit, le bus marque un arrêt dans une station essence à l’entrée d’un  centre commercial ; quinze minutes de pose annonce le chauffeur…Ici, quinze minutes c’est quinze minutes !

Les voyageurs ont à leur disposition un multiple choix de restaurations rapides, des supermarchés multiservices, des locaux de relaxation avec massages…

L’arrêt «toilettes » est significatif de l’avancé du pays : parfaitement propres, sèche mains qui fonctionne, papier toilette résistant (ce n’est pas rien après les expériences du papier toilette fabriqué en Chine !!) et diffuseur de senteurs printanières…

 

Nous faisons les courses au supermarché, on dirait Carrefour…Distributeurs bancaires, agences de voyage, fruits en barquette, tomates roses pâles pas mûres, abricots cueillis avant maturité,  montagnes de chocolats, « Parmalat » le géant Italien du lait qui inonde les rayons de fromages, yaourts, beurre… « La Vache qui rit » nous fait un clin d’œil au passage, linéaire de viande surdimensionné, façade de bières…pour le vin il faudra aller chez le caviste tout près…les caissières portent déjà le bonnet du Père Noël…

 

Et bien voilà, nous y sommes…c’est le retour en Europe !

 

La ville de Nelspruit se niche dans la « vallée du crocodile » au cœur d’une région à vocation agricole dominée par la deuxième production d’agrumes du pays.

Nelspruit est un carrefour pour le Mozambique et le Swaziland, une ville étape avec de nombreux backpakers pour routards…

 

Ce soir nous partageons un dortoir avec des ouvriers, cuisine collective, internet efficace. Une excellente ambiance familiale dans cette petite auberge gérée par un couple parents de trois enfants. Les grilles clôturent la résidence, les cadenas sécurisent toutes les portes d’accès…Nous allons dormir entourés de barbelés!

 

 

 

 

 



03/12/2012
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