Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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South Africa 4, Estern Cape

South Africa 4,

 

 

 Estern Cape,

 

 

 

« …Nous ne sommes pas encore libres, nous avons  atteint la liberté d’être libres… »

 

Nelson Mandela.

 

 

Les jeunes parlent de l’« Estern Cape », mais parmi les plus anciens, rares sont les  Sud Africains utilisant cette dénomination pour évoquer la partie Nord Est de la province du Cap-Est ;  le terme « Transkei » reste couramment usité…

 

 La frontière n’existe plus, mais dès les premières collines arrondies qui mènent à Coffe Bay, le voyageur a saisi qu’il vient de changer de pays ; c’est un retour en Afrique, un pays pauvre où les mamans portent toujours les enfants dans le dos et les charges sur la tête maintenue parfaitement droite…

 

Comme des points de couleur sur le vert des sauvages pâturages, les huttes Xhosas s’alignent en ordre dispersé sans vraiment former de village ; elles sont de forme circulaire, empêchant le mauvais esprit de se nicher dans un coin!

 

Ces huttes traditionnelles, au toit de chaume, sont peintes en ocre, en rose en vert ou en turquoise…

Nous sommes arrivés sur le territoire le plus « Africain » de l’Afrique du Sud; la route appartient aux vaches, aux chèvres et aux chevaux ; la beauté des paysages ne suffit  pas à faire oublier que le Transkei fait partie des régions les plus démunies de la Nation « Arc en Ciel »

 

Le littoral du Transkei qui s’étire  sur 300 km voit mourir ses collines sur des côtes découpées, battues par des marées agitées…C’est à nouveau une beauté indomptée qui s'impose au regard, un univers presque qu’inhospitalier qu’on a baptisé « Wild Coast » tant le vent oblige à se protéger.

 

Les portes des huttes s’ouvrent au soleil de l’Est, à l’opposé des vents dominants ; le  peuple Xhosas qui depuis toujours s’est tourné vers la terre, est un peuple de paysans…

 

Ici, on attèle les bœufs pour conduire les charrues à deux socs, on ignore les eaux vertes de l’océan Indien et le lourd bourdonnement des vagues… les Xhosas ne sont pas des pêcheurs, juste des combattants plantés dans un décor sans clôture, sans palissade,sans fil barbelé…

 

C’est au Transkei que les rebelles les plus illustres de la lutte contre l’apartheid  ont vu le jour…Trop souvent sans ressources, les hommes du Transkei émigraient vers les villes pour bosser là où la douleur faisait moins mal…Les femmes et les enfants demeuraient au village.

 

Parmi les enfants noirs, certains ont eu la chance d’aller à l’école durant les années 30.

L’un d’entre eux, Rolihlahla, un prénom imbuvable pour la maitresse, semblait plus agité que la moyenne.

 

 « Rolihlahla » signifie « fauteur de trouble », prémonitoire sans doute! 

 

 

 L’enseignante décida d’en finir avec ce prénom  bizarre et par commodité, nomma le gamin Nelson;

 

 Elle ne pouvait pas savoir que plus tard ce prénom ferait le tour de la planète ; elle ignorait aussi que le petit turbulent allait être le prisonnier politique le plus célèbre du monde, et après 27 années de détention, devenir le premier Président Noir d’une nouvelle Afrique du Sud.

 

« ..Puis j’ai senti la joie monter en moi quand j’ai pris  la route d’Umtata… »

 

Nelson Mandela

  

Umtata est une grosse ville au cœur du Transkei, nous y avons fait un arrêt pour quelques courses avant de rejoindre Coffe Bay sur la côte.

 

 La ville est noire; nous étions les seuls blancs dans le supermarché « Spar »…Ici ça fait pas riche, c’est vraisemblablement l’une des seules villes « Africaine » du pays.

 

Le musée Nelson Mandela a ouvert ses portes dans cette ville largement habitée par les Xhosas ; Mandela a vu le jour dans un village à proximité d’Umtata.

 

Trois années après sa sortie de prison, Nelson Mandela décida de se faire construire une maison dans son village natal. Selon le policier en faction que nous avons rencontré, le prix Nobel de la Paix vient régulièrement dans cette vaste demeure…il s’y sent bien, il est « chez lui ».

 

C’est à la nuit tombante que nous avons découvert le triangle écumant de la crique de Coffe Bay. De collines en collines, il nous aura fallu rouler avec prudence dans une brume de mer insistante enveloppant les chevaux qui pâturent l’herbe rase sur les bas côtés des routes…

 

A Coffe Bay, il fait humide…

 

Nichés serrés au pied des collines, quelques « backpakers » convenables espèrent les visiteurs amoureux de la vague ;

Ici pas de villa ou d’hôtel tapageurs pour ruiner la nature, seules quelques huttes bien aménagées pour faciliter le repos.

 

 Du haut des rochers, sans se soucier des rouleaux qui déferlent sur le sable, les chèvres broutent des buissons malingres tordus par le vent.

 

Sous un ciel gris les surfeurs patientent à l’abri des vérandas de bois ; ils scrutent la vague convoitant le retour du soleil pour demain….

 

 On sort les vestes polaires, le beau temps a déserté la « Wild coast ». Il fait presque froid



07/12/2012
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