Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Ouganda: quatre jours autour du lac Bunyonyi...

Quatre jours autour lac Bunyonyi…

 

Apres les éprouvantes  journées de bus et les fatigantes soirées en ville où le trafic ne cesse jamais, Le lac Bunyonyi était inscrit sur nos tablettes comme une villégiature destinée au repos, au calme et à la tranquillité.

 

L’Ouganda bénéficie d’un grand nombre de lacs essentiellement répartis à l’ouest et au sud du pays ; dans le  Kigesi, province frontalière du Congo (RDC) et du Rwanda, se niche un joyau long de 25 Km, fortement découpé, qui passe pour être le deuxième lac le plus profond d’Afrique après le Tanganyika : le Bunyonyi.

 

Sur les cartes  du pays, il faut le chercher, sans doute insignifiant au regard des grands lacs, il apparait rarement. Le Bunyonyi est l’élégante  conséquence d’une coulée de laves, provoquant un barrage naturel sur la rivière Ndego, engloutissant la vallée il y a quelques huit mille ans…La réussite est au rendez-vous, l’endroit est absolument magique, surnaturel peut être ; d’ailleurs ici, croyance Ougandaise, on n’hésite pas à rendre Dieu responsable de cette merveille…car qui d’autre, à part « le créateur », pourrait avec autant  de générosité offrir un tel spectacle dont on ne s’en lasse jamais ?

 

Encerclé de collines en terrasses cultivées dépassant parfois les 2500m, le lac serpente à 1840 mètres d'altitude, dessinant d’innombrables anses ciselées et  hébergeant une trentaine d’iles. Le soir on supporte les vestes polaires et les braseros de terre cuite sont appréciés.

Lorsque le soleil disparait derrière les montagnes du Congo, on pourrait penser être devant une carte postale de Suisse ou dans un décor du Piémont Italien ; mais les bananiers et les caféiers sont là pour nous rappeler l’exotisme de cet oasis !

 

Nous avons passé quatre jours dans ce paradis, alternant les balades en montagne dominant le Bunyonyi et les promenades en canoë à la découverte des îles qui offrent depuis peu des locations  à la nuitée.

 

 Rutinda, seul  village de pêcheurs relié à la ville de Kabalé par une piste de montagne, voit, les jours de marché, des escadrilles de canoës converger vers le solide et unique ponton de bois permettant l’accostage. Lestés de légumes, de sacs de charbon de bois, de poissons séchés,  les canoës creusés dans des troncs d’eucalyptus, glissent en silence sur le lac...le tableau est de toute beauté ! Ce sont les paysans des collines baignant le lac, qui deux fois par semaine commercent avec les acheteurs de la ville.

 

Dans cette effervescence colorée, nous rencontrons  Obed qui habite dans le village. Il traque le touriste avec délicatesse, il sait où nous logeons car à Rutinda on regarde les « zumgus » franchir les portails qui sécurisent les locations bordant le lac…

Obed travaille pour un orphelinat gérant une quinzaine d’enfants en leur assurant  gîte et couvert et  en leur fournissant le nécessaire pour payer l’école. Appartenant à un groupe communautaire, l’orphelinat organise des ballades sur le lac ainsi que des visites sur les principales îles. Le prix que pratique l’orphelinat est quasiment deux fois moins cher que le camp dans lequel nous avons loué notre bungalow…C’est vrai que nous avions vu débouler dans le lodge de gros camions Sud-Africains spécialisés dans le safari haut de gamme, ainsi que quelques fils de l’Oncle Sam regrettant qu’internet ne fonctionne pas mieux dans ce trou perdu du sud de l’Ouganda !

 

 Obed n’a pas eu de mal à nous convaincre qu’il fallait mieux lâcher les dollars à l’orphelinat. Nous avons fait une superbe ballade sur le lac en visitant plusieurs iles, dont une  propriété de l’Eglise Catholique Ougandaise qui assure une restauration de qualité. Le soir même nous quittions le camp au bord du lac pour un « cottage » dominant le Bunyonyi et ses iles…

 

De notre terrasse, en fin de journée, nous accompagnons le soleil déclinant sur le lac, une vapeur bleutée  enveloppe  les iles d’une ouate délicate, les derniers canoës disparaissent au loin dans une brume flottante, des fumerolles montent des collines signalant la combustion du charbon de bois…le spectacle est fabuleux…peut être nous manque-t-il deux verres à pied et une belle bouteille !

 

Churchill avait donc raison…l’Ouganda est bien la perle de l’Afrique !



25/09/2012
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