Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Pérou 10, Le bleu profond du lac Titicaca, les îles...

Pérou 10, Le bleu profond du  lac Titicaca, les îles…

 

"...On dit qu'c'est une princesse Inca, elle a l'pubis noire comme l'encre

Ouais, pour un cas c'est un cas

Cette fille là on peut dire que c'est un cas

j'aimerais la noyer dans le Titicaca..

 

Serge Gainsbourg (Titicaca)

 

 

Nous quittons Arequipa pour Puno, porte d’entrée du  « Titicaca », grand lac d’altitude frontalier  que se partagent  Pérou et  Bolivie.

 

 

La route  conduisant  vers le sud-est  du pays est encombrée de poids lourds circulant souvent en convoi, charriant ciment et  matériaux de construction.

 

 

 

Sur les pentes sévères de l’Altiplano, les puissants bourrins mis à contribution  vomissent  d’épaisses fumées noires.

 

 

Les lacets de montagne et l’intense trafic n’autorisent  guère de fantaisie pour le bus qui assure  la relation vers le lac… Prisonnier de la lente caravane des bahuts, le bus  ronfle  à cinquante  kilomètres  heure…Moins de 300 km à parcourir  mais six heures de trotte quand même !

 

A la nuit tombée, nous traverserons  Juliaca, hallucinante  agglomération qui parait avoir enflée trop vite…Impressions  d’un bordel  africain barbouillé aux couleurs latinos !

 

 La ville la plus importante de la région a tout d’un foutoir  immense : rues défoncées  non asphaltées, circulation  anarchique congestionnant  une  chaotique artère centrale, nuages de poussière soulevée par les camions et les bus…

 

La nuit renforce la sensation de malaise… lumières blafardes des  ampoules pendouillant au-dessus de  bassines de friture crépitantes, à côté, sous des linges suspects, patientent  les morceaux de pollo bien gras…

 

Une tripotée d’hôtels  n’inspirant pas vraiment à la halte,  encadrent cet interminable ligne droite crasseuse qui semble avoir anéanti tout idée de centre-ville : Juliaca n’est qu’un boyau cradingue qui n’en finit pas !

 

Les chiens, en meute, se rassemblent autour des sacs poubelles…

Ambiance polar !

 

 

Mais l’aéroport  de la province de San Ramon est  tout proche, le bleu du lac aussi : Trafic en tout genre au plein sens du terme, la proximité des frontières de Bolivie et du Chili  servirait, semble-t-il, d’appât aux contrebandiers  du moment : chercheurs d’or illégaux, fournisseurs de « dope », mineurs indépendants…

 

Une belle brochette de fripouilles pour un western andin !

 

Entourée  de collines pelées, Puno et ses courants d’air frisquets  n’a pour alibi que le magnifique lac Titicaca pour retenir, l’espace d’une nuit,  le voyageur en partance pour les îles.

 

Tôt le matin nous abandonnerons l’hôtel au pied de la massive cathédrale, et descendrons vers le port pour embarquer vers les fameuses  Iles flottantes, les Uros !

 

Ici, débute le grand cirque orchestré par les agences touristiques : les îles flottantes voient chaque matin converger les  barcas à moteur  chargées de touristes venus découvrir le nouveau Dysneyland  de la baie de Puno :

Une quarantaine d’îles « faites main », échafaudées sur un entrelacs de racines aquatiques constituant un socle d’environ deux  mètres d’épaisseur, flottent  sur le lac !

 

 

 

 

De grosses pierres accrochées à des cordes ancrent les îles leur assurant la stabilité.

 

 

Si le site est vraiment spectaculaire, l’authenticité en prend un sérieux coup !

 

 

 Les communautés vivant traditionnellement sur ce monde de paille et de roseaux  (2000 personnes ?) se sont totalement tournées  vers  le business, (mais peut-on leur en vouloir ?), avec  toute la panoplie du piège à touriste  allant parfois jusqu’au mauvais goût…Accueil en chanson, prêt de costumes et chapeau pour la photo, tampon « officiel » sur le passeport, marché artisanal…

 

 

 

 

 

Nous n’y avons pas échappé car le bateau  nous conduisant ce jour vers l’île d’Amentani  faisait « escale » dans les Uros.

 

 

Il faut à peu près trois heures pour aborder Isla de  Amentani, gros caillou planté dans le bleu indigo du lac Titicaca, où vivent un peu plus de 4000 insulaires répartis dans huit hameaux.

 

 

 

On y pratique l’élevage et la culture en terrasse, héritage des Incas…Une île sans route, sans voiture, quelques panneaux  solaires et l’eau courante à dose mesurée…

 

 

Les communautés assurent à tour de rôle l’hébergement des visiteurs, nous serons logés chez Olga et Ignacio, une rencontre sympathique nous permettant de mettre un pied dans l’univers paysan de ces Indiens Quechua qui vivent éloignés du « continent ».

 

 

 

 

 

Le lac Titicaca ressemble à une mer… 180 kilomètres de long pour une largeur de 80, avec une altitude de 3812 mètres, il est considéré comme le plus haut lac navigable au monde.

 

 

 

Derrière de magnifiques paysages, où l’azur  du ciel se confond avec le bleu du lac, les eaux cristallines du Titicaca autrefois associées à la pureté Andine, renferment quelques vérités  problématiques qu’on a longtemps voulu  taire !

 

 

Le militant environnementaliste, Moisés Duran, dénonce  les eaux troubles politiciennes et les responsabilités d’une pollution liée aux

« … exploitations minières légales et illégales, la mauvaise gestion des déchets et les eaux usées provenant de la ville de Puno »

 

 

Le Pérou ne porte pas seul la paternité de la contamination du lac, la Bolivie en a sa part également.

 

 

Les deux gouvernements viennent de signer un accord de 10 ans pour récupérer  la qualité des eaux du lac. Vaste programme dans un univers de corruption.

 

 

 

En quittant Amentani,  le bateau qui nous ramène vers Puno fait escale  à Isla de Taquile

 

 

Comme sa voisine, Taquile la paisible, vit sans voiture et même sans chien prétendent  ses habitants.

 

 

Sur l’île flotte une quiétude absolue…Des petits murets délimitent les pâturages, les bosquets d’eucalyptus ombragent les sentiers, les collines ondulent dans une lumière méditerranéenne…

 

 

 Les femmes, quand elles ne filent pas la quenouille, remontent du lac avec des cruches d’eau. Les hommes aussi tissent la laine dans une technique de tradition textile exemplaire et propre à Taquile.

 

Depuis l’embarcadère, un interminable escalier en lacets (250mètres de dénivelé) mène au bourg solidement accroché au sommet de l’île.

 

Une traditionnelle arche de pierres annonce l’entrée de la communauté : de l’esplanade, à  4000 mètres de haut, on distingue les sommets enneigés de la Cordillera Real, la Bolivie semble toute proche…

 

 

Demain, sans quitter le lac, nous  nous échapperons  un moment du Pérou pour les rivages du Titicaca version Bolivienne !

 

 

 

 

 

 



06/04/2016
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