Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Pérou 1, Le désert...Un inquiétant trop plein!

Pérou 1, Le désert…un inquiétant  trop plein !

 

 

« Le Pérou est un mendiant assis sur un banc d’or ! »

 

 

Proverbe Péruvien.

 

 

Une brutale transition :

Après les verdoyantes montagnes de l’Equateur, derrière les vitres poussiéreuses du bus, nous découvrons  au petit matin un paysage inattendu.

 

 

C’est un vaste désert qui marie des sables  blancs étincelants  à des ocres bruns qui se perdent à l’horizon.

 

 

Immense !

 

 

Un peu endormis, vers 2h30, frontière de Tumbes, nous avons estampillé nos passeports.

 

C’est un  poste d’immigration qui, il y a encore peu, avait mauvaise réputation…

Fonctionnaires douteux, taxis arnaqueurs et  mauvaises rencontres  émaillent les récits de voyageurs.

 

 

Les choses ont semble-t-il changées, le passage de nuit a l’avantage d’être moins fréquenté, les formalités de sortie de l’Equateur et d’entrée au Pérou s’effectuent dans le même bâtiment, les bus transfrontaliers sont  sécurisés durant l’attente du sésame pour le Pérou :

Une heure et demie plus tard nous sommes en route pour le «  Sentier des Incas ».

 

 

Les yeux écarquillés :

 

 

Étrange sensation à la vue de ce désert qui soudainement se charge de taches bleues, noires et blanches :

Ce sont des lambeaux de sacs poubelle  et de polystyrène résistant au temps!

 

Un espace naturellement vierge devenu réceptacle d’un  trop plein d’ordures.

 

 

Un long ruban rectiligne trace la route qui mène à Chiclayo, ville « oasis » du nord du Pérou.

De chaque côté de l’asphalte une décharge à ciel ouvert  jalonne  la Panaméricaine.

 

 

 

 

 

 

Nous qui pensions voir sur le bord de la route des « Incas » (enfin presque !), ce sont des  montagnes de sacs éventrés et de gravats qui s’amoncellent le long des  deux cents kilomètres de macadam !

 

 

 

 L’accumulation pyramidale des déchets  signale l’approche des localités…On y met le feu pour réduire la hauteur des tas d’immondices.

 

 

 Dans ce désert ardent, le vent du littoral tourbillonne, le sable avance .

 

Les lourds camions et les autobus  ont confisqué  cette artère vitale pour le transport.

 

De temps en temps, des niches funéraires, ensablées à quelques centimètres de la route, rappellent que Pedro, Juan ou Alejandro se sont  assoupis  au volant au mauvais moment, là où il ne fallait pas…

 

Bientôt le sable ensevelira leur mémoire.

 

 

 

 

 

 

 

Sur ce bitume "saharien" on peut y croiser l’invraisemblable :

Méprisant le souffle chaud des camions, un extraterrestre  pédale dans la fournaise ; ce randonneur à  vélo  défie la canicule  ignorant où il plantera sa toile le soir venu.

 

 

J’imagine la vision du cycliste, loin devant lui, des vapeurs tremblantes s’échappent verticalement du goudron brûlant, c’est peut-être  la mer.

 

 

De l’inconscience ? Ou un savant calcul des possibilités d’un voyage  hors du commun ?

 

Je reste admiratif de ce genre de périple qui fait courir quelques rares aventuriers  partis de l’Alaska rejoindre la Terre de feu !

 

25 000 km sur deux roues, le cul sur une selle !

 

 

Les Grands Voyageurs n’existent plus ;

Depuis qu’Ella  Maillart, Peter Fleming et Nicolas Bouvier ont rejoint les limbes, seuls quelques fous pédalant en quête de vérité peuvent encore faire rêver ou à défaut questionner.

 

 

 Respect !

 

 

La plaine côtière du Pacifique est une succession de déserts contrariée par des oasis alimentés par les rios  s’évadant de la Cordillère.

 

Les embouchures qui nourrissent l’océan  sont d’un vert intense.

 

Les cultures d’asperges voisinent avec les rizières et les vergers, les ingénieux antiques canaux d’irrigation charrient l’eau indispensable mais aussi des détritus…et véhiculent la pollution.

 

 

Dégradation de l’environnement ? C’est un euphémisme…

 

Les innombrables ateliers d’élevage industriel de poulets  soulignent les courbes dunaires  façonnées par le vent.

 

Ici pas ou peu de règles environnementales : production intensive de volaille, il faut bien nourrir le Pérou et les Péruviens !

 

 

 

Une fois  la zone  polluée, les structures légères des poulaillers sont déplacées un peu plus loin, le désert est immense, la  contamination silencieuse !

 

 

 

 

 

 

 

C’est clair, ça n’engage guère à becqueter  l’incontournable « arroz con pollo » !

 

 

Vision surprenante de cette région nord du Pérou relativement ignorée des touristes.

 

 

Une absence de gestion des déchets inimaginable !

 

« Faut comprendre, c’est un pays pauvre ! » me dira un Français rencontré à Chiclayo.

 

 

Et bien non, c’est franchement difficile à saisir ! Des pays « pauvres » nous en avons parcouru quelques-uns et  de mémoire, jamais nous avons vu à l’abord des villes un tel « merdier » !

 

 

 

 

 

 

 Même en Afrique ou en Asie qui  sont rarement des « modèles » de salubrité.

 

 

 

Nous arriverons à Chiclayo, ville de poussière, sous une chaleur accablante.

 

Ma carte bancaire est refusée à deux reprises, la troisième tentative sera la bonne, je retire les «nuevos  soles » Péruvien en quantité autorisée limitée.

 

Hôtel dans une rue populeuse près de la Plaza de Armas, accueil chaleureux, chambre impeccable, salle d’eau nickel ! Ici on sait ce que propreté veut dire !

 

 

Ballade  dans le centre  de cette ville fourmillante, bruyante et  éreintante !

 

 

Le Palacio Municipal et la cathédrale aux colonnades doriques   imposent  une architecture solide à la place, théâtre d’une intense activité de négoce. Le centre est relativement soigné.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Si les restaurants affichent le pollo à tout- va, la proximité de la mer se fait sentir et les cévicherias sont nombreuses. 

 

Premier test concluant dans une simple gargote, céviche mixto  excellent, poisson et  mariscos  d’une fraicheur sans soupçon et préparation savoureuse !

 

 

Besoin d’air frais, aller chercher la plage et les vagues, quitter le capharnaüm d’une circulation anarchique.

 

Un collectivo nous débarque sur le rivage de Pimentel, localité balnéaire distante d’une dizaine de kilomètres de Chiclayo.

 

 

Une haute jetée sur pilotis partage la plage et le ciel gris de l’océan. Les Péruviens viennent en famille profiter de la mer et des restaurants à poisson qui se serrent le long du littoral.

 

 

De vieux bateaux de pêche robustes affrontent les puissantes vagues. En fin de journée les caballos de totora  se dressent au séchage sur la plage.

 

Ces petites embarcations de roseau, légères et rapides permettent aussi d’atteindre efficacement les bancs poissonneux du Pacifique.

 

 

Prise abondante et diversifiée,  négociation à la pesée à même le sable:

Tout va très vite, les acheteurs chargent les sacs plastiques, les planchas n’attendent pas !

 

 

 

 

 

 

 

Retour dans la fournaise de Chiclayo. Les murs de la ville sont couverts de slogans politiques, de gigantesques affiches plastronnent les visages des candidats à la Présidentielle, le Pérou va voter en avril.

 

 

Nous sommes un peu sonnés par ce changement brusque dans la physionomie de notre voyage.

 

Nous nous n’attendions pas à cet univers au Pérou.

 

Mais ici c’est le nord,  qui tente de rivaliser avec les grands sites touristiques du sud…

 

Trente heures de bus séparent Tumbes de Lima, alors autant dire que le Machu Pichu, encore plus au sud, c’est  l’Arlésienne pour  les pêcheurs de Pimentel !

 

Bien entendu le pays ne se résume pas à cette  vision  parcellaire et déconcertante de villes confrontées à un déficit inquiétant de salubrité.

 

 

Les jours suivants nous découvrirons un pays pauvre, riche de multiples cultures, doté de paysages époustouflants.

 

 

Un pays qui sait aussi, à sa manière, recevoir le voyageur !

 

 

Pas la trace d’un Inca…Pas même la queue d’un ! Mais ça ne saurait tarder !

 

Demain nous avons rendez-vous avec  El Señor de Sipan !   

 

 

 



09/03/2016
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