Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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NZ 6, "The West Coast"

NZ 6,

 

 « the West Coast »

 

«  Le privilège d’être né sur une ile, c’est qu’on comprend tout de suite qu’il faut voyager ! »

 

Marcello Fois. ( Ecrivain,cinéaste né en Sardaigne)

 

La dizaine de jours que nous venions de passer dans la région de Nelson nous avaient appris la mer calme, les criques reposantes, les eaux vertes, le ciel azur et une douceur de l’air dans cet été indien qui se plait à retarder l’automne.

 

Nous étions prêts pour traverser le nord de l’ile, d’Est en Ouest, et aller à la rencontre de la West Coast, qu’ici on appelle aussi la côte sauvage.

 

La région de la West Coast s’étend sur près de 600km de long, c’est une bande étroite plantée de forêts côtières qui surplombent le littoral de la mer de Tasmanie.

 

Pour y arriver depuis Nelson, on emprunte la nationale 6 qui louvoie dans une campagne de moyennes montagnes. Les rivières élargissent des vallées boisées, creusant un paysage de solitude que les rares pêcheurs à la mouche viennent savourer dans un paradis d’eau pure.

 

Les lacs morcellent les forêts. Souvent d’origine volcanique, les vastes plans d’eau encaissés dans des triangles de pinèdes, livrent leurs eaux transparentes pour le bonheur des promeneurs qui peuvent voir les anguilles évoluer aux pieds des pontons.

 

Au dernier recensement, 30 000 habitants s’éparpillent sur cet  immense territoire ; un peu plus d’un citoyen au km2, ça fait beaucoup d’espaces de liberté pour les vaches et les moutons…

L’automobiliste est prévenu, des panneaux indiquent au passage d'une station que le prochain poste d’essence peut se trouver à 100km, donc il faut prévoir en conséquence.

 

Les « Coasters », du fait de leur isolement, agissent comme des marins, ils s’entraident et sont convaincus de la nécessité de l’hospitalité  et du coup de main…

 

Alors que nous étions garés sur le bord de la route pour  contempler une rivière basse  s’insinuant dans des bosquets plantés au milieu de roches blanches, un couple a stoppé sa voiture à notre hauteur  pour s’inquiéter de notre sort!

 

Dans cette région où les voitures sont rares, le local vient tout de suite à l’aide du touriste qui pourrait être en difficulté.

 

Les bourgs sont peu fréquents,  il ne faut pas louper le bistrot qui vous fournira le café chaud permettant de continuer la route.

Nous avons coupé le moteur à Ross, un patelin perdu où on sent déjà la mer toute proche…La taverne nous plaisait bien, un coté « saloon » avec de vielles photos des années 80 épinglées au mur…Une salle immense dans une pénombre que seul un foyer ouvert, dardant de grosses bûches flambantes, éclairait.

 

Ambiance de pêcheurs de saumon, de chasseurs de perdrix…Trois clients qu’on aurait dits sortis d’un vieux film Irlandais, se partageaient le journal.

 

C’est dans ce décor de western que nous avons payé les cafés les moins chers peut être de Nouvelle Zélande : « one Dollar each…is it allright ? » 

 

Le café n’était pas très bon, le prix trois fois moins cher qu’habituellement, mais les tronches de pionniers de l’estaminet vraiment sympathiques et inoubliables!  

 

L’arrivée sur la côte Ouest est majestueuse ; la route qui épouse un rivage déchiqueté par une mer puissante, ferait partie des dix plus beaux itinéraires côtier du monde…Comme nous ne connaissons pas les neufs autres, nous ne prendrons pas position, mais le spectacle est à la hauteur des espérances.

 

Nous ferons la pose dans un hameau face à l’océan qui ordonne quelques maisons groupées autour d’une taverne.

 

Nous sommes à Punakaiki, devenu célèbre depuis que la mer dévore le calcaire friable des falaises, donnant naissance à des formations géologiques imitant un empilement de galettes (de blé noir!).

À marée haute, les vagues tumultueuses s’engouffrent dans les « Pancakes rocks »  et l’océan  expulse des geysers dans un boucan semblant surgir du ventre de la terre…le spectacle est réellement impressionnant !

 

À Punakaiki, pas de supérette, pas de distributeur d’argent, pas de poste…mais de la bonne bière à l’unique taverne restaurant.

 

Dans le backpaker où nous allons passer deux nuits, le gérant, jeune Allemand venu de sa Forêt Noire, fait du bon pain, du pain de bucheron, du vrai !

Pour dépanner, il vend quelques œufs, des pâtes et des boîtes de thon…Assez pour survivre !

 

Nous avons une « chambre double », aménagée dans la remorque d’un vieux camion dont la rouille a commencé à mordre les essieux.

Mais devant notre remorque, à l’infini, la  mer de Tasmanie qui n’en finit pas de boxer la roche dans un ronflement sourd, nous offre un fabuleux spectacle dans ce bout du monde indompté!

 

Demain, au lever, nous irons marcher dans la forêt humide du parc National Paparoa qui borde la mer. Le sentier longe le murmure d’une rivière au milieu d’arbres à fougère et de feuillus.

 

Une nature silencieuse qui nous parait intacte!

 



11/04/2013
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