Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Malaisie: pagodes, temples hindous, mosquées...et modernité.

Malaisie : pagodes, temples hindous, mosquées…

…et modernité.

 

Les amateurs de sports mécaniques connaissent la Malaisie. Ils ne la situent pas toujours convenablement sur le globe, mais savent qu’à Kuala Lumpur se déroule un « Grand Prix » que seuls quelques pays sont capables d’organiser.

 

Rien que cet événement annuel est suffisant pour situer économiquement cet Etat du Sud Est Asiatique : la Malaisie est un pays riche et moderne!

 

En France nous connaissons peu cette Monarchie Constitutionnelle; les tours opérateurs vendent davantage la Thaïlande ou le Viet Nam, deux pays de  la région rompus au tourisme de masse.

 

La Fédération de Malaisie possède pourtant de nombreux atouts pour charmer le touriste en quête d’exotisme ou de repos : soleil garanti, plages de sable blanc, jungle, hébergements pour toutes les bourses et infrastructures routières parfaites…

 

La cuisine profite des influences thaïes (excellente!) Indonésienne et Indienne ; le poisson et les crustacés sont évidemment  très souvent à la carte à des prix raisonnables. C’est une cuisine gourmande et généreuse…Sur le littoral, elle se déguste à l’ombre des cocotiers!

Les fruits sont magnifiques et la diversité surprenante…C’est un véritable régal!

 

À cette époque de l’année, contrairement aux rivages thaïlandais, les nombreuses criques de la péninsule et les îles Malaisiennes offrent  un espace inattendu et la sensation étonnante de grand calme sur de merveilleuses plages qui semblent désertées.

 

 L’Européen devra cependant faire quelques concessions :

 Même s’il n’apparait absolument pas rigide, l’Etat Malaisien est Islamiste; il faut s’habituer à payer la bière au prix fort et ne pas avoir d’exigence sur la vente d’alcool qui est rare et vigoureusement taxée (60%).

En cas de forte soif, ce qui se produit inévitablement pendant les fêtes, il faut aller voir les Malaisiens de la communauté Chinoise qui excellent dans tous types de commerce!

 

«  L’unité est la force »  est la devise de la Fédération de Malaisie :

 Le pays s’articule autour de la  Mer de Chine en deux régions distinctes : la péninsule au sud de la Thaïlande, et ce qu’on nomme la Malaisie Orientale, une enclave située dans le nord de l’ile de Bornéo. La Fédération compte près de 28 millions d’habitants.

L’unité serait semble-t-il une façade respectable pour ce pays qui fait parti des « Tigres » asiatiques.

La stabilité politique et la croissance économique qui ont fait de ce pays un Etat convoité et moderne, se payent aux prix fort : les communautés sont très étanches.

Les « races » ne se mélangent pas.

 

Les Malais de « souche » représentent 60% de la population et imposent la culture Islamiste ; Les Malais « Chinois » pèsent 20%, traditionnellement Bouddhistes, ils dénoncent les attaques insidieuses du régime contre leur culture.

Enfin les Malais « Indiens » comptent pour un peu plus de 10%...

 

Une minorité  Chrétienne  appartenant au groupe « Chinois » et « Indien » fait également entendre sa voix au nom du pluralisme religieux qu’elle estime menacé par le pouvoir en place.

 

Malaise en Malaisie ?...

La situation n’est pas simple, les tensions existent entre communautés d’autant plus que si le pouvoir politique est détenu par les « Islamistes », le pouvoir économique appartient bien aux « Chinois »…

Certains signes ne trompent pas : nous déjeunions dans un restaurant de Penang, fourchettes et cuillers étaient à disposition. Nous avons demandé des baguettes pour le « fun » ; le serveur avec toute la diplomatie nécessaire face à une demande de touristes, a su nous faire comprendre que si nous voulions faire de  l’exercice avec des baguettes pour manger le riz, il fallait aller en face chez le « Chinois »!

 

D’autres marques du clivage entre communautés sont évidentes : sur les plages, les Malaises de « souche » sont sages : elles se baignent habillées, vestes à manches longues, pantalons jusqu’aux chevilles et cheveux dissimulés sous un foulard…Beaucoup d’entre elles sont belles et élégantes.

Elles adoptent la même tenue dans les piscines d’hôtel sans que personne n’y trouve à redire.

 

Les « Chinoises » Malaises, quant à elles, se baladent en tricots courts moulants et en shorts, découvrant de longues jambes, bien souvent perchées sur talons compensés.

 

Comme nous le constaterons par la suite, les différences sont profondément marquées mais se côtoient : tandis que le Muezzin appelle à la prière dans les nombreuses mosquées, les portes ouvertes des bars à karaoké, tenus par les « Chinois », laissent apercevoir les filles assises jambes croisées sur de hauts tabourets…

 

S’agit-t-il de signes de tolérance dans une société qui avance ? Peut être…ou alors plus simplement, faut-il voir les symptômes d’un malaise profond qui lézarde le pays Malais ?

 À y regarder de plus près, la séparation est bel et bien consommée entre les buveurs de thé et les amateurs d’alcool de riz …

Une mesure particulièrement troublante, c’est la législation mise en place depuis 1999 sur les nouvelles cartes d’identité Malaisienne  mentionnant l’origine ethnique et la religion…le tout contenu dans une carte à puce, label d’un pays moderne!

 

Nous avons traversé la Péninsule Malaisienne dans un bus confortable. Un bus qui part à l’heure, réservé par internet. Sièges spacieux inclinables, air conditionné…

 

Derrière les vitres défilent les palmiers à huile à perte de vue, la jungle est grignotée par ces immenses exploitations…

Parfois de larges trouées laissent apparaitre la terre rouge de Malaisie : une plantation d’hévéas vient d’achever de produire son maximum; il faut donc aller planter ailleurs et à nouveau déboiser…

La terre féconde de Malaisie ne montre pas pour l’instant de signe d’épuisement dans l’exploitation outrancière de l’hévéa…

Certains s’en alarment et redoutent les conséquences environnementales…

D’autres ne s’en soucient guère, la végétation exubérante du pays favorisée par un climat équatorial  sait être corne d’abondance…Pour combien de temps encore ?

 

 Dix heures de bus après,  nous arrivons sur l’île de Penang : il fait nuit, une chaleur humide et lourde nous assomme…l’île de Penang est un immense sapin de Noël, les lumières scintillent de toutes parts…

Un taxi nous dépose à « Hutton lodge », une pension respectable qu’abritent des murs à l’architecture coloniale…les Anglais n’ont pas tout emporté en quittant la Malaisie…

 

Bandana sur la tête, Lio nous accueille…large sourire, yeux mi-clos derrière ses lunettes démodées… c’est un « chinois » d’une cinquantaine d’années…il nous indique où aller diner à cette heure tardive : chez les « chinois » évidemment!

 

On le devine, ici on va se plaire!

 

 

   

 

 



30/12/2012
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