Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Jamaïque 5, Navires géants à Ocho Rios, barques de pêcheurs à Treasure beach...

Jamaïque 5, Navires géants à Ocho rios, barques de pêcheurs à Treasure beach…

 

 

 

 

 Les filles de Québec n’ont pas de temps à perdre, elles ont trois semaines de vacances et veulent faire un tour sur les gros spots de la Jamaïque : dans l’ordre Ocho Rios, Montego Bay et Négril.

 

 

Ce n’est pas vraiment leur délire mais pour finir en beauté, se faire « toaster » un peu, se marrent-t-elles, lecture, baignade et cocktails  seront au programme des plages bétonnées de la côte nord.

 

 

Mylène s’est occupé des réservations, elle a trouvé au cœur des grands hôtels d’Ocho Rios une chambre spacieuse avec salle d’eau pour nous quatre, moins couteuse qu’un lit en dortoir… La bonne affaire qui arrange tout le monde !

 

 

Le port d’Ocho Rios est aménagé pour recevoir ces monstres de mer qui accostent à raison de cinq à dix navires par semaine : chaque bateau de croisière déverse à la journée entre 1500 et 2500 touristes venus d’Europe ou d’Amérique du Nord.

 

 

 La ville se métamorphose à chaque arrivée massive de ces vacanciers fortunés : les flics habituellement quasi invisibles en ville, se postent nombreux, en tenues impeccables, à chaque carrefour et à proximité immédiate des centres commerciaux.

 

 

 Dès que la corne de brume annonce l’arrivée des « dollars verts », les caisses enregistreuses s’affolent, il faut faire vite car le plaisancier en goguette qui débarque sur le coup de midi rejoint sa cabine au coucher du soleil.

 

 

Le navire appareille dans la nuit, et le lendemain matin, le portefeuille allégé, papi et mamie se réveillent émerveillés devant Montego Bay ou Négril. (Il y a quand même quelques jeunes à bord !)

 

 

Donc peu de chose à faire à Ocho Rios qui vantent ces cascades magiques, les « Dunn’s river falls ».

Les chutes d’eau sont entourées de béton, les locaux n’y accèdent pas sauf à payer la même fortune que les touristes.

Bien entendu, les jours de mouillage des navires, le site ressemble à Dysney land…Les Américains aiment beaucoup !

 

 

Nous n’irons donc pas faire la queue à l’incontournable attraction d’Ocho Rios, pas de regret car ces belles cascades sont reproduites sur le billet de 1000 Dollars Jamaïcain (presque 8 Euros)…et on en a plein les poches !

 

 

Plus confidentielle, plus intéressante, c’est la sortie qu’effectua Marie avec ses filles d’adoption et Greta, jeune suédoise qui se joindra au groupe : le « blue hole », petit trésor de fraicheur niché en forêt à l’écart de la foule.

 

Mini lagons bleus, lianes suspendues pour un plongeon historique, cascades d’eau claire …. Le guide qui les accompagna leur fera découvrir, un peu plus loin, une sympathique ballade dans des grottes dissimulant des piscines naturelles.

 

 

La guesthouse où nous logeons nous accorde des tickets d’accès gratuit à la plage toute proche ; Nous sommes autorisés à nous baigner, mais nous ne pouvons pas déambuler sur la portion de plage face aux grands hôtels, l’accès privatif est gardé.

 

 

 La réglementation ne peut pas cependant interdire de marcher dans l’eau, mais  le « chieur », parce qu’il s’agit d’un « chieur », ne doit pas mettre les pieds sur le sable sec !

 

C’est là que je rencontre une Jamaïcaine à la peau claire, qui a donc certains moyens puisqu’elle se balade du côté sec et moi les pieds dans l’eau.

 

Elle me propose de multiples excursions dont des sorties en catamarans, bouffe, musique et rhum à gogo… all inclusive !

 

 

J’évite de demander le prix mais lui fait part de mon étonnement de voir de si nombreuses plages privées et payantes… la réponse est cinglante et ne laisse place à aucune alternative possible : « …mais vous imaginez !? Here, we do not welcome the scum! »  ( Do not...encore plus fort que don't)

 

 

Voilà c’est dit, la merde on n’en veut pas ! C’est bien de ses compatriotes dont elle parle, de ceux qui sont de l’autre côté des grilles qui bunkérisent l’arène de sable blond.

 

Derrière les barbelés, l’aristocratie peut dormir tranquille !

 

 

Notre halte à Ocho Rios aura été paisible, mais sans intérêt.

 

 Merci à Daphnée, Mylène et Greta, ces jeunes femmes lumineuses, pleines d’humour et de bon sens, avec qui nous aurons partagé  un peu de notre voyage.

 

 

 

Nos routes se séparent sur la côte nord de la Jamaïque, nous partons vers le sud, loin de la frénésie touristique des « big resorts » et des « luxury beaches ».

 

 

Oublié des tour-opérateurs, difficile d’accès, le sud de l’île se mérite. 

 

Comme les bus n’empruntent pas ces itinéraires montagneux,  nous faisons la traversée du nord-est au sud-ouest en taxi bon marché, fractionnant le parcours  en saut de puces, mais ça marche !

 

 

 A peine 180 km séparent Ocho rios de Treasure Beach, petit village de pêcheurs, paroisse de Sainte Elisabeth, mais il nous faudra nous tasser dans 6 ou 7 voitures différentes pour rejoindre la mer du sud.

 

 

 3 devant et 4 sur la banquette arrière…ça tient chaud sous le soleil Caraïbéen!

 

 

Nous débarquons dans la région la plus aride du pays, les cactus détrônent les cocotiers, le vent souvent violent en étête plus d’un !

 

 

La côte est sauvage, découpée à la hache, les vagues déboulent à toute allure, le ressac peut être dangereux.

 

 

Pour le reste, c’est le calme absolu, la vie tourne au ralenti, on laisse filer le temps…

 

 

Pêcheurs et paysans vous saluent, quelques petits commerces contrôlés par les Chinois assurent l’approvisionnement, une poignée de routards s’attardent sur les plages, un établissement autrefois de luxe peine à recruter les voyageurs égarés.

 

Nous avons une adresse, mais les trois chambres sont réservées regrette Paul, un grand gaillard en salopette avec un permanent pétard au bec !

 

 

Paul a une solution, d’ailleurs à Treasure beach il y a toujours des solutions.  Au bas de la colline, il possède une maison en construction, un cube pas très joli mais tout le rez-de-chaussée est parfaitement habitable, nous n’avons pas la vue sur l’océan mais nous sommes à trois minutes de la plage ! « total privacy ! »  Et de plus il nous fait un prix !

 

 

Nous n’avions pas prévu l’absence de distributeur bancaire… rien n’est plus simple nous rassure Paul, «  j’échange les dollars à un meilleur taux que la banque ! »

 

 

Ne restait plus qu’à s’organiser sur ce rivage isolé qui ballotte les barques des  pêcheurs.

 

Nous aurions aimé profiter de poissons frais, ce ne fut pas possible…Ici, on l’appelle le « vent de Noël », des vents contraires qui interdisent aux embarcations la moindre sortie.

 

Tôt le matin, accompagnés d’un soleil levant, nous prenions les vagues écumeuses, un vrai régal avant le petit déjeuner… Cette semaine-là, on s’est surpris à aimer la Jamaïque !

 

 

Il a fallu s’arracher de cet oasis, nous n’étions pas pressés d’affronter Kingston et sa réputation !

 

 

 

 

 



27/11/2015
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