Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Jamaïque 3, Montagnes bleues et café noir...

Jamaïque 3, Montagnes bleues et café noir….

 

 

 

"Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. »  

 

 Marcus Garvey, Homme politique Jamaïcain (1887-1940) et « prophète » du mouvement Rastafari.

 

 

 

Et voilà, ça recommence ! Nous avions fixé le prix la veille, et le matin du départ il n’est plus d’accord ! Tous les prétextes sont bons, mauvais état de la route, distance trop longue, coût du gasoil…

 

 

Je m’apprête à filer place de l’église pour trouver un autre taxi.

 

Il comprend alors que nous n’accepterons pas son nouveau tarif et « Honey » devient mielleux ! (facile !)

 

 

On repart sur les bases de la veille, la moitié du paiement à destination, l’autre moitié quand il viendra nous chercher 4 jours plus tard.

 

Les « Blue Mountains », ça ne les intéressent pas trop, les minibus n’y vont pas, la route n’est effectivement pas terrible (glissement de terrain et éboulis), l’aller-retour nécessite environ 6 heures depuis Port Antonio.

 

 

 Longtemps empruntés quotidiennement, avant que la route n’autorise le passage des camions, on devine encore longeant les lits des rivières, quelques anciens sentiers muletiers trouant une terre généreuse qui  nourrit une épaisse végétation.

 

C’est une chaine de montagnes aux  pentes sévères dominant la plaine côtière.

 

Un bel endroit de Jamaïque, au souffle frais agitant de profondes vallées et qui fait dire aux paysans du coin qu’« il y a des souffrances mais la terre est verdoyante et le soleil brille ! »

 

 

 Au lever du soleil les mamelons de la ligne de crête apparaissent nimbés d’un furtif brouillard bleu mauve qui tourne bleu sombre quand l’orage s’annonce.

À ce moment-là, lorsque le soleil troue de lourds nuages anthracite, le paysage prend d’éblouissantes allures dramatiques…Nous sommes au cœur des « Blue Mountains » sillonnées de cascades écumantes et de rivières aux eaux limpides.

 

Les sources produisent ici, une eau de grande qualité, exploitée pour la mise en bouteille.

 

« Honey » connait bien le secteur, il me l’a dit…il sait aussi où se trouve « Mount Edge », le chalet qui propose un hébergement de quelques chambres…Mais le « coco » s’arrête à plusieurs reprises dans de petits hameaux de montagne pour demander sa route !

 

En fait, notre chauffeur découvrira comme nous ce petit paradis loin des turbulences de la ville.

 

 

Sérénité absolue, grand calme, terrasse avec vue sur des paysages tropicaux.

 

Chaque ballade offre des échappées spectaculaires sur des vallées aux horizons changeants, les panoramas sont superbes !

 

Le sommet le plus élevé, souvent prisonnier des nuages, culmine à 2256 m. D’où nous sommes, s’étend au loin Kingston et la mer étincelante des Caraïbes.

 

Le patron du chalet, Mickaël, nous accueille tout sourire, il a le profil éthiopien et une peau claire.

Sa fille, Robyn, qui paraît prendre la relève de l’activité familiale lui ressemble beaucoup, fine et élégante.

 

 

« Ah, vous êtes Bretons ! Je connais bien Belle-Île ! » Nous dit-il, dans un anglais aisé à comprendre.

Au cœur des montagnes de la Jamaïque, trouver un local qui connait Quiberon et Belle-Île  est pour le moins surprenant et inattendu !

 

Mais l’homme d’affaires, car c’en est un, a beaucoup voyagé dans le monde, et gère plusieurs business de front.

 

Le chalet est un peu vieillissant, les commodités rustiques, les prix le sont moins, cependant Robyn nous consent une ristourne convenable pour la durée de notre séjour.

 

 Nous avons une chambre avec vue sur la vallée, les colibris s’agitent avec bonheur dans les buissons ; Sous notre petit balcon sont cultivés des jardins potagers en terrasse.

 

Les légumes bio alimentent le restaurant, la cuisine est raffinée, c’est une véritable  table gastronomique.

 

À peine une heure de marche sépare l’auberge d’un village Rasta, c’est une petite communauté rurale qui applique les règles bibliques à la sauce Rastafarienne.

 

Contrairement à une idée répandue, les véritables Rasta n’encouragent pas  la fumette, c’est d’ailleurs un des éléments les plus contestés de la religion Rasta.

Les Dieux Rasta seraient-ils en pétard contre le pétard ? (ok, facile !)

 

 Dans la communauté, l’alimentation est essentiellement composée de légumes et de fruits, beaucoup d’entre eux sont végétariens.

 

Près d’un point d’eau, nous rencontrerons deux gamins, frère et sœur, qui nous éduqueront aux principes Rasta ! Ils vont nous débiter par cœur l’essentiel de leur religion :

Jésus et Satan ?... C’est la même chose, ils trompent leur monde !

 

 Il n’y a qu’un Dieu qui mérite d’être vénéré, « the King of the King », Hailé Sélassié, tout là-bas en Ethiopie !...Promesse du paradis au-dessus du ciel nous dit le garçon, c’est le «Zion !» …Promesse d’un monde idéal vers la terre fantasmée de l’Ethiopie !

 

 Et au lieu de bosser bêtement pour « Babylone » qui asservit les peuples, la communauté travaille uniquement pour subvenir à l’essentiel, pas plus !

 

Le village est extrêmement propre et soigné. Les sentiers sont balayés, les fleurs s’épanouissent sur le bord, tout autour des plants de café encadrent des potagers. Le contraste est saisissant avec l’état trop souvent d’abandon que l’on peut voir dans les villes.

 

Ces communautés rassemblant de vrais pratiquants sont très minoritaires sur l’île, mais ce sont des convaincus !

 

 

 Les «Blue Mountains »  ont depuis longtemps gagné leurs lettres de noblesse grâce à la production d’un café de grande qualité.

 

Un charmant jeune couple Belge rencontré à l’auberge nous déposera à l’entrée de « old tavern coffe estate » où nous rencontrerons Percy, le chef de culture.

 

Grâce à lui, nous apprendrons beaucoup sur cette production vendue à prix d’or(*).

Ici, nous sommes  au cœur d’une appellation haut de gamme, c’est un « single estate », l’équivalent d’un grand cru classé : culture, transformation, emballage et commercialisation par la même entreprise familiale, piloté par l’Anglais David Twyman, fils du fondateur Alex.

 

« Old tavern estate » est de renommée mondiale, le Prince Edward vient y faire ses courses nous dit Percy !

 

Perchée sur les flancs nord des « Blue Mountains », noyée bien souvent dans la brume, La plantation bénéficie de conditions climatiques idéales à une altitude permettant aux grains de café de mûrir à un rythme lent : culture bio, travail à la main, fèves triées et torréfiées en petite quantité.

 

 

On y cultive aussi la fève « peaberry » recherchée par les connaisseurs du monde entier : c’est un grain de café à un seul haricot de forme ronde récolté individuellement et vendu séparément des grains classiques.

 

Le site est enchanteur, perdu en montagne, il nous faudra près de 3 heures de marche pour rejoindre le chalet distant d’environ 12km de la plantation.

 

Isolé du reste du monde, nous passerons d’agréables journées dans cet univers de verdure, de collines et d’eau galopante dans de profondes ravines.

 

Dans la sympathique auberge, le staff n’oublie pas le sens du commerce : les petits déjeuners sont proposés à 5 US $, un prix raisonnable, sauf qu’au final on nous indique que le café n’est pas compris !

 

Arguant que je n’avais jamais rencontré d’établissement vendant des petits déjeuners sans la boisson chaude, nous refuserons de payer les cafés fussent-ils de grande qualité !

 

Robyn nous n’ayant pas prévenu de cette particularité, elle acceptera avec diplomatie, de rayer de la note les fameux cafés!

 

Le café devenait  tout d’un coup encore plus subtil !

 

 

(*) Prix constaté en super marché à Kingston pour le paquet de café de 1 kg « Blue mountains » classique : 52 US$...les  sélections particulières sont vendues plus chères.

 

 

 

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24/11/2015
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