Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Jamaïque 2, Port Antonio, paroisse de Portland.

Jamaïque 2, Port Antonio, paroisse de Portland.

 

 

 

« Out of many, one people! »… Un seul peuple issu de nombreux peuples !

 

 

 

La Jamaïque est Noire,  son histoire coloniale la rapproche de l’Afrique. Les plantations de canne à sucre et l’esclavage ont modelé l’île et son tissu social. Ici, on continue de porter de lourdes charges sur une tête bien droite !

 

 

Comme dans tous les pays pauvres, la religion (les religions en fait !) prospère et surfe sur la misère endémique des Jamaïcains…

 

 

On ne sait à quel saint se vouer !

 

Église protestante, méthodiste, orthodoxe, anglicane, baptiste, presbytérienne, adventiste du septième jour…Bref il y a de quoi en perdre son latin !

Les paroisses constituent des divisions administratives, héritage du colon anglais.

 

La Jamaïque détient le record du plus grand nombre d’églises par habitant ; Paradoxalement, le pays du « peace and love » se traduit quand même par un taux de criminalité parmi les plus élevé de la planète.

 

 Le touriste, en principe, n’est pas concerné par la chose, sauf à tenter de trainer dans des endroits fortement déconseillés.

 

On nous aura prévenu, bruler des cierges ne suffit pas à éloigner le démon !

 

« Peace and love, yah mom! »… il faut surtout comprendre « …I love your money man! ».

 

48h suffiront à nous adapter sommairement aux combines permettant de ne pas dépenser inutilement de l’argent.

La Jamaïque est une destination  loin d’être bon marché, les prix des produits de consommation courante sont identiques aux prix pratiqués en France. La bière locale vaut 1,34 euro en boutique et peut être facturée jusqu’à 3 euros dans un bar. Un cocktail sur la plage (privée !)  se siphonne pour la modique somme de 6, 8 voire 10 euros.

 

Un hébergement en dortoir partagé coûte 20 US $ par lit, la chambre double rarement en dessous de 50 US $ et  sans petit déjeuner. Un plat de pâtes aux légumes de 10 à 12 US $, le repas complet avec poisson à la jamaïquaine peut atteindre des sommets !

 

  Le « Jerk chicken » dans les gargotes est moins cher, autour de 5 à 7 US $ avec du riz, normal KFC  est présent un peu partout.

 

 

 Nous réglons en JMD (dollar Jamaïcain) un peu plus rentable que la monnaie US.

 

Donc la solution c’est de cuisiner et je m’y suis mis avec bonheur en m’appliquant à travailler les produits locaux ! Une belle expérience très économique.

 

Nous avons aussi pris l’habitude d’acheter un rhum  de qualité (Appelton Estate) pour faire nos apéros !

 

Un produit pas cher quand même, c’est l’herbe !

 

Mais si ça calme la faim ça ne nourrit guère ! Si les propositions deviennent trop insistantes, il suffit de dire que l’on est « non smoker » et le vendeur se calme. La fumette est quasi généralisée : tolérée chez les Rasta, en particulier en milieu rural (production et consommation), elle demeure illégale et peut devenir source d’embrouille chez le touriste allumé face à une police dont on ignore le comportement en pareil  cas.

 

Comme les locaux, on pose nos sacs sur le bas-côté  de la route et on stoppe les voitures pour des courses courtes qui nous mènent aux stations de minibus sillonnant le pays à prix nettement plus compétitif que les bus grandes lignes…

 

Evidemment, nous sommes un peu à l’étroit dans les combis Toyota, mais nos expériences Africaines nous ont appris à tasser les fesses…là où les minibus ne vont pas, ce sont des berlines qui circulent, trois devant et quatre derrière, c’est parfois un peu chaud surtout en cas de poids lourds embarqués !

 

 

Nous arriverons donc  à Port Antonio, paroisse de portland, petit port du sud-est de l’île sur la côte nord.

Nous logerons chez Stéphano qui gère un backpaker sympa. C’est un Italien de Gènes, 35 ans, qui parle un anglais avec un accent transalpin à couper au couteau !

 

 18 mois  passés sur l’ile et le voilà devenu presque Jamaïcain !  L’amateur de football écoute du reggae du matin au soir, la musique est bonne, c’est bien plaisant !... et c'est couleur locale!

 

Sa guesthouse est située dans le quartier résidentiel de Port Antonio nous dit-il, c'est bien qu’il le signale car on s’en serait pas vraiment aperçu !

 

 

 Le coin reste cependant paisible, de nombreuses petites échoppes proposent toute l’alimentation nécessaire. Tous les dix mètres des barnums encadrent la rue : loterie nationale, tabac, jus de fruit, bières, rhum et musique qui s’échappe des amplis.

 

La nuit venue, Stéphano barricade la « boutique » devant et derrière : solide grille intérieure, serrure et points d’ancrage renforcés et cadenas…on ne sait jamais ! bref, la guesthouse devient bunker quand les visiteurs dorment.

 

il y a quelques temps, son salon de jardin sur la terrasse, à l’arrière de la maison, a disparu ! il lui reste deux chaises en plastique qu’il a enchainées…Pour le remplacement de la table, il verra plus tard. Stéphano qui évite de se lever tôt, n’est pas un gars pressé !

 

 

Nous partageons le dortoir avec deux sympathiques jeunes Allemandes de la région de Cologne. Toutes les deux infirmières, elles voleront bientôt pour le Chili où elles assureront une mission bénévole dans un hôpital du sud du pays.

 

Un matin, leurs serviettes de bain mises au fil se sont faites la malle, Stéphano avait pourtant prévenu dit Marie !…Quelques jours plus tard, Marie cherchera vainement son maillot de bain…Ah bien oui, il était sur le fil durant la nuit ! Envolé aussi le maillot…Etonnant, compte tenu du profil des Jamaïcaines, enfin il est toujours possible de tailler au moins un short dans la pièce qui commençait à dater !

 

Port Antonio, marina et port de pêche, est bien situé pour sillonner la paroisse, nous louons un taxi avec les filles pour une ballade à la journée.

 

 De long bay à Boston bay en passant par Blue lagoon  et les Reach falls, nous faisons les « incontournables » du coin.

 

En dehors des cascades alimentant les piscines naturelles de Reach falls, qui valent le détour (mais pas forcément les 10 US$ par personne), ces belles chutes d’eau servirent de décor à l’inoxydable Tom Cruise dans une scène d’amour humide du film Cocktail,  les plages annoncées « paradisiaques » n’invitent pas à la baignade.

 

 Je prendrais soin  de ne pas trop cadrer dans l’objectif (quand c’est possible !) le bordel environnant et les déchets qui s’amoncellent en tas que les locaux incinèrent à l’aide de bouteilles plastiques.

 

 

Nous devions faire l’arrêt à Frenchman’s cove, encore un paradis caché, propre celui-là, car privé: nous avons renoncé puisqu'il nous fallait à nouveau sortir de la poche 10 US $ pour voir ce qu’on voit sur les dépliants !

 

 

Mais le clou de la sortie est à venir : nous avions négocié le coût de la journée  (voiture et « guide ») la veille, et confirmé le prix le matin du départ, c’était clair pour nous et pour les jeunes allemandes.

 

Au moment du paiement, le «guide » nous embrouille en prétextant que nous avions mal saisi et que le tarif devait s’entendre par couple ! (donc deux fois plus cher que prévu !)

 

Nous n’avons pas cédé, la discussion fut  chaude et le « cool man » était devenu beaucoup moins cool !

 

C’est un exemple des permanentes petites tracasseries auxquelles nous aurons à faire face tout au long de notre séjour sur l’île.

Un aspect de la Jamaïque qui pollue la relation et met à mal le ressenti du voyageur.

 

Heureusement, l’île nous réservera de bonnes surprises et de belles rencontres !...

 

Juste ce qu’il faut pour évacuer de l’esprit ces désagréments.

 

 

 



21/11/2015
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