Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Grands Parcs Nationaux 10, " Grand Canyon", "Zion","Joshua"...

Grands Parcs Nationaux 10, « Grand Canyon »…

 

Le retour sur Los Angeles à travers le désert : « Joshua Tree National Park », « Mojave National Preserve », « Zion National park »…

 

« Le Grand Canyon, balafre géante sur la face du monde… »

 Arnaud Devillard

 

Après la découverte des fabuleux décors de « Bryce Canyon », il est difficile de pouvoir encore s’étonner des paysages grandioses de l’Ouest Américain…

Pour de nombreux visiteurs des Grands Parcs, « Bryce » reste le coup de cœur, la magie des formes et des couleurs opère sans limite… « Bryce », c’est peut être le « must » !

 

Mais un vagabondage à travers les  grands espaces du « Far West » serait  inaccompli sans le coup d’œil sur l’incontournable « Grand Canyon »…

 

Le nom fait toujours son effet, c’est un des premiers lieux que les Américains conseillent aux touristes…Ne pas  se prendre de vertige au bord de cette énorme crevasse qui ronge la pierre sur  plus de 400 km de long serait comme visiter Paris en ignorant la Tour Eiffel.

 

Gigantisme, immense profondeur, puissance des éléments naturels, cinémascope déchiqueté à la scie égoïne… De l’ombre à la lumière sur la roche érodée que laboure la Colorado river, les quatre millions de visiteurs annuels n’échappent pas à la formule : « Alors c’est comment le Grand Canyon ? » …

 

«  C’est grand !!... c’est très grand !! »

 

Nous avons fait le choix du « North rim » oublié de la foule, le versant nord culmine à  2500 mètres sous de fraiches températures où croissent les fleurs sauvages dans l’ombre des épicéas. Peu d’encombrement sur ce versant septentrional ouvert uniquement de mi-mai à mi-octobre.

Étrange impression d’être seul au monde sur ces parcours qui nécessitent des marches assez longues avant d’atteindre les précipices ébréchés comme des céramiques tranchantes : le versant nord, une autre façon de découvrir, dans le silence, le Grand Canyon !

 

Également très fréquenté, le « Zion National Park » est prisé des randonneurs qui n’ont que l’embarras du choix pour opter sur des parcours sauvages qui ne comptent pas moins de 160km de sentiers.

Fortes chaleurs et inévitables orages plombent les canyons de « Zion »…La roche  de grès jaune est ici polie comme la tranche d’un gâteau moka marbré, laissant apparaitre les strates de l’histoire géologique.

 

À « Zion », pour faire face à l’affluence touristique, on gare sa voiture et chacun emprunte les navettes gratuites qui parcourent les gorges : de belles ballades le long de la Virgin River…

 

Perdue dans l’immensité désolée du  Sud-ouest de l’Utah, la bourgade de Kanab retient les voyageurs en quête de pose ; ici il fait bon boire une bière locale dans cette atmosphère de westerns où la mémoire des John Wayne, Gregory Peck et autres Maureen O’Hara semble toujours habiter le motel chic « Parry lodge »  qui abrita longtemps les stars d’Hollywood.

 

Nous pensions pouvoir trancher du filet de bison au « Rocking café », mais autre temps autres mœurs, on n’y sert plus que des burgers de bœuf acceptables…

 

La route qui nous rapproche de Los Angeles nous offrira d’impressionnantes toiles de fond en traversant le désert de « Mojave » et le « Joshua Tree National Park ».

 

Nous sommes prévenus dès le départ, aucun poste d’essence dans ce désert de scories volcaniques et de sel…Vision surréaliste de ce train de marchandises, tirant à la vitesse d’un cheval fatigué, pas loin de cent wagons sur « voie unique » posée sur du sable brûlant.

 

Un arrêt à la gare rénovée de Kelso, style mission espagnole, là où rien ne se passe, au milieu de nulle part : quatre trains de marchandise par 24 heures dans ce dépôt qui voit transiter les convois de pétrole, de gaz et les containers de produits manufacturés chinois en provenance de San  Francisco et à destination de Salt lake city.

 

 

À ne pas louper, le buffet du dépôt de Kelso pour les nostalgiques du chemin de fer : avis aux amateurs, le patron cherche à vendre son commerce, il veut prendre sa retraite.

 

Un vrai moment de bonheur dans cette gare oasis où nous allons savourer de bonnes pâtisseries maison… Dans un meuble ciré, un bel inventaire de livres consacrés à l’indissociable histoire de la conquête de l’ouest et de la pose des rails vers le Pacifique, illustre le passé récent de l’histoire Californienne.

 

J’interroge le patron : « Combien de temps de route pour Los Angeles ? »

En souriant il me répond :

« Vous savez, en trente ans j’ai mis deux fois les pieds à L.A…et il y a longtemps…Maintenant la route a changé…arrêtez vous à Twentynine Palms, vous serez au calme dans le désert… »

 

L’orage éclatera peu de temps après notre halte…Il nous faudra stopper la voiture pour éviter le flot boueux charriant des roches  sur la route, une violence impressionnante s’empare régulièrement du désert de « Mojave », le décor à ce moment là devient dramatique !

 

À plusieurs reprises nous croiserons les lambeaux de la mythique route 66 reliant, au temps de la grande dépression, Chicago à San Francisco. Sur le bord du ruban gris, un arbre mort couché sur le sable sert d’accroche  godasses usées et abandonnées, hommage à la route de l’Ouest, tribut à l’aventure…

 

Le soir même nous nous poserons pour deux nuits à Twentynine Palms, peu pressés d’affronter la tentaculaire Los Angeles : aux portes de « Joshua Tree National Park » et de ces immenses yuccas, nous apprécierons le calme mystique des roches monumentales qui un temps inspirèrent le groupe U2. (The Joshua tree).

 

«  Le désert, c’est à prendre ou à laisseron ne triche pas, on obéit… »  Théodore Monod    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



16/08/2013
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