Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Equateur 3, le Cotopaxi...Comme un poncho blanc posé sur les Andes.

Equateur 3, le Cotopaxi…

 

Comme un poncho blanc posé sur les Andes.

 

" Dieu est loin et nous devons négocier avec ses intermédiaires, les montagnes."

Proverbe des Indiens Andins.

 

 

 

14 aout 2015, le plus haut volcan actif au monde, perché à 5897 mètres, s’agite.

 

Secoué par de violentes explosions, le Cotopaxi, un des cratères les plus surveillés d’Amérique latine, s’est brutalement rappelé aux bons souvenirs de « l’allée des volcans » qui ceinture Quito.

 

 

Haute de 8km, une impressionnante colonne de cendres  a mis le pays en alerte, l’aéroport de Quito a été fermé.

Les jours suivants, des fragments solides incandescents ont  empourpré le glacier blanc.

 

 

Après  6 mois d’interdiction d’accès, le parc National du Cotopaxi a partiellement rouvert ses portes pour les randonnées. La grimpette au refuge et l’ascension demeurent toujours non autorisées.

 

 

Un cône (presque) parfait...

 

Rivalisant de majesté avec le Fuji-Yama du Japon, adulé des montagnards, Cotopaxi se range dans la cour des plus beaux volcans au monde.

 

Ci dessous successions de vues du Cotopaxi à différents moments de la journée.

 

 

Véritable symbole du pays, chapeau blanc dominant le paramo, ces hauts plateaux à la végétation rase, le Cotopaxi offre de somptueux paysages et de superbes treks.

 

 

Sans cesse renouvelé au rythme d’une météo capricieuse, durant quatre jours, nous nous éveillerons à la vue de ce magnifique spectacle…

 

De la fenêtre de notre chalet, à 3600 mètres d’altitude, devant nous  paissent des lamas avec en arrière-plan le volcan enneigé.

 

Quelques chevaux galopent dans de hautes herbes…

Sur des terres noires, fertiles, des Haciendas d’altitude font pâturer des vaches néo-zélandaises ou normandes. La richesse des alpages andins permet de produire un lait d’exception !

 

C’est avec une jeunesse venue d’un peu partout sur terre  que nous partagerons nos journées de montagne dans ce refuge collectif, idéalement situé aux portes du Parc National.

 

 

En plus d’un service « hôtelier » impeccable, le gite propose de belles randonnées, dont une montée sur le sommet du Pasochoa (4220m).

 

 

 

D’autres activités sont au menu : « mountain bike » au pied du volcan, balade à cheval dans le Paramo

 

Ou plus simplement, hamac avec grand écran sur les montagnes de la cordillère.

Un moment de détente active dans un cadre enchanteur d’une absolue tranquillité…

 

 

Et pour le « fun », pêche à la truite en pisciculture alimentée par des eaux descendantes du Cotopaxi, où un restaurant assure la préparation de la pêche miraculeuse ! Ça plait beaucoup aux Américains !

 

 

 

Nous savions que l’Equateur avait beaucoup à offrir…Nous n’en sommes qu’au début de la découverte de ce pays, moitié moins grand que la France, mais tellement dense en diversité !

 

Cotopaxi sera notre premier coup de cœur ! d’autres sont à venir !

 

 

 

 

L’envers du décor :

 

 

 

 

Le Cotopaxi  se voit de loin…De très loin par temps clair, surtout à l’aube !

 

 

 Le cône blanc est visible depuis plusieurs provinces du pays. Les « neiges éternelles » du sommet n’échappent malheureusement pas à la règle générale de la fonte des glaces : entre 1976 et 2010, les glaciers du Cotopaxi auraient perdu 40% de leur surface.

 

 

 

Concernant l’activité agricole sur les terres fertiles de la province de Cotopaxi, l’inégalité foncière reste un enjeu de taille :

 

 

les grands propriétaires, d’origine européenne, possèdent des haciendas de plusieurs milliers d’hectares, et sans surprise, ceux qui font brouter leurs bêtes sur le bord des chemins sont les Indiens Andins.

 

 

 

Autre sujet de controverse, la ressource en eau :

 

 

 

Un réseau d’irrigation traverse les paramos .Ce système très ancien, datant parfois des Incas, assure l’approvisionnement en eau des immenses parcelles agricoles.

 

 

 

 

 Ce dispositif de régulation des sources entre en compétition avec les besoins des centres urbains, dont Quito qui dépend des « châteaux d’eau » que constituent les glaciers d’altitude.

 

 

 

 

Mais les glaciers fondent à vue d’œil ou presque !

 

 

 

 

Impact du changement climatique, probablement…Mais aussi  déforestation incontrôlée pendant de nombreuses années, et incendies volontaires pour s’octroyer de nouvelles terres cultivables.

 

 

 

Peu à peu, la ressource en eau s’amenuise et les tensions entre producteurs agricoles et citadins se multiplient.

 

 

 

Une éventuelle éruption majeure à venir du Cotopaxi pourrait servir le gouvernement de Rafael Correa :

 

 

en vertu d’un danger imminent, le régime pourrait, d’autorité, légitimer le déplacement des populations vivant à proximité du volcan et du même coup prendre les mesures d’expropriation des grandes haciendas.

 

 

 

 Si la situation misérable des Indiens ne s’en trouverait que peu améliorée, d’immenses réservoirs d’eau  deviendraient disponibles pour Quito et ses banlieues.

 

 

On évoque ici une catastrophe « utile ».

 

 

 



07/02/2016
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