Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Colombie 4, San Augustin et le mystère ciselé...

Colombie 4, San Augustin et le mystère ciselé…

 

« Les indiens de l'Amérique totalisaient pas moins de soixante-dix millions de personnes lorsque les conquistadors firent leur apparition : un siècle et demi plus tard, ils n'étaient plus que trois millions et demi. » 

 

 

Edouardo Galeano

 

 

Nous quittons el desertio de la Tatacoa  en camioneta pour rejoindre la gare routière de Neiva ; En discutant le prix nous obtenons une petite réduction pour le  minibus à destination de San Augustin dans le Sud-Ouest Colombien.

 

 

Au guichet, bizarrement, on ne nous remet pas les billets que l’employé vient d’éditer, mais le conducteur charge les sacs à l’arrière du van…

 

 « No te preocupas» me lance-t-il quand je lui réclame les titres de transport…

 

Je m’aperçois tardivement que le minibus est pancarté Pasto, une ville plus au sud, mais nos compagnons de route Colombiens nous assurent qu’on nous dépotera bien à San Augustin : « Tranquilo, tranquilo »  sourient les locaux à notre mine perplexe !

 

 

 Etrangement, le collectivo quittera la ville sans faire le plein de passagers (respect d’un tableau horaire probablement), pour nous c’est parfait, nous sommes plus à l’aise dans le van.

 

 

Arrivé à Pitalito, point de jonction pour San Augustin, le chauffeur nous invite à descendre et charge nos sacs dans un taxi en  tendant un billet de 10 000 pesos à la conductrice.

 

 

Marie s’installe à l’arrière de la voiture avec des locaux et je prends place à l’avant quand notre charmante conductrice me dit de me tasser un peu pour installer un deuxième client sur le même siège !

 

 

Nous avons connu beaucoup plus folklo en Afrique, « Claro que si ! », mais comme nous avons payé jusqu’à San Augustin en principe assis dans un bus, je reste ferme et refuse de partager le siège même avec une superbe colombienne…

 

 

Ça coince un peu, mais tout le monde garde le sourire et on nous trouve deux places dans un autre minibus qui fera route vers la ville des mégalithes précolombiens.

 

 

Nous apprendrons par la suite  que cette pratique est assez courante, les compagnies vendant un trajet qu’il n’assure pas en totalité mais  réglant pour le client le prix d’un taxi pour arriver à destination ! Et ça marche bien !

 

 

Un peu plus de 1700 mètres au-dessus du niveau de la mer, température confortable dans cette grosse bourgade coincée dans le massif colombien qui laisse la part belle aux chevaux tirant des charrettes : nous sommes en montagne, on imagine les bosquets de café poussant aux flancs des collines pentues de la province de Huila.

 

 

Vapeurs humides s’élevant des collines, pluie intermittente, odeurs de crottins fumants mêlées aux saveurs de la graisse de porc grésillante sur la pierre chaude  où gonflent les galettes de maïs...

 

 

 Le voyageur ne s’attarde pas ici pour le café, il y pose  ses  sacs le temps de découvrir ce qui constitue une des plus grandes interrogations  des civilisations précolombiennes.

 

 

Au cœur d’un paysage peint en vert, dans une nature sauvage, se dresse  un ensemble de monuments funéraires et de sculptures mégalithiques considéré comme le plus vaste d’Amérique du sud.

 

 Répartis en plusieurs sites, mais toujours  érigés sur des hauteurs  pour mieux communiquer avec les Dieux semble-t-il, les mégalithes de San Augustin révèlent  les artistes d’une civilisation perdue qui ont ciselé  la roche volcanique du Ier au 8ème siècle avec une saisissante maîtrise de l’art abstrait, du symbolisme et du figuratif.

 

 

Une grande modernité s’échappe de ces pierres figées, certaines auraient pu inspirer les cubistes du XXème siècle !

 

 

Etonnante histoire, car si les recherches se poursuivent, les connaissances sur cette civilisation restent imprécises et posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses.

 

 

Des monticules en terre, mesurant pour certains plus de 30 mètres de diamètre, recouvraient de grandes sépultures de pierre et sarcophages, protégés par d’imposantes statues  représentant des divinités  ou des êtres surnaturels.

 

 

 

  Abandonnée vers les années 1350,  sans qu’on en connaisse les raisons, puis redécouverte au 18ème siècle, cette terre sacrée a été placé sous contrôle gouvernemental dès les années 1930 où débutent officiellement les fouilles, les pillards ayant eu une bonne longueur d’avance.

 

 

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995, cette richesse archéologique qui compte plus de cinq cents statues,  s’étend  sur les  versants des vallées de la Magdalena et de la Cauca : paysages grandioses, vallées encaissées, cascades vertigineuses, rios tumultueux…

 

 

 

En dehors du parc archéologique accessible à pied depuis le bourg de San Augustin, les autres sites comme l’Alto de los idolos nécessitent de préférence un  véhicule 4X4  pour affronter les routes en partie non asphaltées.

 

 

 

Les villages sont modestes, l’activité agricole domine : café, canne à sucre, tomates que l’on cueille vertes, haricots verts, yucca et nombreux et excellents fruits !

 

 

Nous logeons à la casa de François,  un Français qui a développé un projet d’auberge écolo habilement située dans un superbe jardin dominant le centre de San Augustin : dortoir et chambres doubles bien agencés,  petit déjeuner avec confiture et pain maison, chats et chiens dociles, grande disponibilité d’un personnel sympathique… Un environnement calme pour un séjour reposant !

 

 

 

San Augustin est une belle étape dans cette grande Colombie : quand le ciel s’obscurcit pour laisser tomber la pluie, nous retrouvons  vite la chaleureuse gentillesse des Colombiens !

 

 

Demain nous ferons route plus au sud, vers les portes de l’Amazonie Colombienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



31/01/2017
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