Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Colombie 15, Salamina, " Valle de la Samaria", l’autre vallée…

Colombie 15, Salamina, Valle de la Samaria, l’autre vallée…

 

 

 

Zona cafetera.

 

 

 

 

Parce qu’il y a bien une « autre vallée »…

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce pays de montagnes, fendu d’innombrables dépressions sculptant des paysages à filer le tournis, se cachent quelques merveilles qui ont encore, pour l’instant, un parfum presque secret, comme une cachoterie assoupie dans les coulisses d’un théâtre oublié…

 

 

 

 

 

 

 

 

Les bourlingueurs qui fouinent un brin, savent emprunter ces routes malcommodes qui mènent à d’incomparables univers magiques donnant l’impression d’avoir le « privilège » de découvrir ce que les autres ont loupé !

 

 

De là à se prendre pour des « néo conquistadors », enthousiasme aidant, le pas est franchi  rapido!

 

 

Il faut vite atterrir en se souvenant qu’avec en poche une carte bancaire et une connexion internet à chaque esquinas, les grands voyageurs n’existent guère…

 

 

Pour retrouver cette vibrante impression du voyage, mieux vaut aller vers le « Dark continent », là où l’Afrique sait encore surprendre et provoquer l’inattendu !

 

 

Ici, en Colombia es facil, si claro que si!!  tout marche comme sur des roulettes !

 

 

Plus simplement, disons qu’en s’entourant de bons conseils et  avec un peu de méthode on peut toujours  aller à la rencontre d’endroits négligés par les guides touristiques et bien souvent oubliés des promotions des voyagistes :

 

 

De fabuleux sites qui font  même patiner Google map restent à dégotter !

 

 

Sur le fond, rien d’épineux donc, avoir du temps, prendre son « mal » en patience en supportant les heures de bus sur des routes assez pourries mais magnifiques…

 

 

« Il faut rejoindre Salamina, ensuite c’est facile… »(*)

 

 

 

 

 

 

Ce fut un bon tuyau, une recommandation précieuse qui allait nous amener à  « l’autre vallée ».

 

 

Puisque tout le monde va à Salento, allons donc à Salamina !

 

Retour sur cette petite expédition :

 

Nous quittons Salento pour Pereira (40 km/ 1h 15), correspondance pour Manizales (55 km/ 2h 30) et troisième bus pour Salamina (70 km/ 4h), en clair nous passons la journée à se faire secouer les fessiers et à dodeliner de la tête !

 

 

Aucune perte de temps entre chaque tronçon, le réseau de bus fonctionne parfaitement en Colombie, la difficulté demeurant  dans le délabrement du réseau secondaire, en particulier en montagne… (Et de la montagne, ici, il y en a mucho !)

 

 

 Le charmant bourg de Salamina nous fait très vite bonne impression : Fondée en 1852, la « ville » a été déclarée monument national et patrimoine historique de l’Humanité en 1982.

 

 

Bien prendre son souffle pour arpenter ses rues diablement escarpées, à part el parque Bolivar où trône l’église, rien n’est plat dans ce pueblito qui fait partie des plus anciens villages de la zona cafetera.

 

 

 

 

 

 

 

Architecture coloniale traditionnelle, balcons fleuris, salles de billards…

 

Et encore une fois, une incroyable hospitalité d’une population curieuse et ravie de rencontrer quelques touristes qui se hasardent dans le coin !

 

 

 

 

 

 

 

Ici, on vit de la culture du café, et plus haut dans les montagnes paissent les vaches (des Normandes !) assurant une production laitière qui permet la subsistance de nombreuses fincas.

 

 

 

 

 

 

 

En fin d’après-midi, quand l’air s’épaissit, à l’heure où les chaises libres se font rares dans les cafés, un ciel anthracite écrase les massifs qui ceinturent Salamina… Violent et court, l’orage éclate.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous leurs sombreros au large bord, les vieux regardent l’eau dévaler les rues pentues lessivées par l’abondance du flot…

 

Témoins avisés de cette offrande du ciel, ils patientent devant leur tasse de café, ils connaissent le bénéfice de la bénédiction, c’est nécessaire pour les plantations de caféiers, c’est bon pour les pâturages…

 

 

 

Les portes largement ouvertes de l’église font vaciller les chandelles qui consument les cierges éclairant Jésus, Marie et tous les Saints…Pendant longtemps les curés ici ont fait « fort » (de café !) :

 

 

 

 

 

 

 

Le cimetière local se refusait  à confondre dans la mort les riches et les pauvres ! Un côté  bien exposé pour l’élite et un emplacement plus vaste pour les indigents forcément  plus nombreux.

 

Pas très catholique comme méthode !

 

 

En 1976, l’archevêque Luis Enrique Hoyos mit un terme à cette discrimination, sans doute d’inspiration communiste (comme Jésus ?) il rappela à ses ouailles que devant l’Eternel, nantis ou vivant dans la mouise, chacun n’est que poussière et retournera en poussière !

 

 

Bref, la messe fut dite et le cimetière fut de retour en ordre et en odeur de sainteté !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais on ne s’attarde pas dans ce bourg tranquille pour son reposant cimetière, le paradis est à portée de main :

 

 À 25km de Salamina, se trouve dissimulé dans la verdure, un peu plus haut perché, le bourg de San Felix qui se demande pourquoi les touristes vont tous dans la vallée de Cocora et boudent leur somptueuse valle de Samaria qui abrite aussi les fameux « palmas de cera ».

 

 

 

 

 

 

 

Vous avez aimé la vallée de Cocora, vous allez adorer El valle de Samaria ! :

 

 

 

 

 

 

 

Une vallée splendide, beaucoup plus étendue que Cocora, un décor de pâturages aux multiples nuances de vert « Et au milieu coule une rivière…» (Facile !)

 

 

 

 

 

Dans El valle de Samaria, on ne rencontre ni Robert Redford, ni Brad Pitt, mais ce sont de vrais caballeros qui vous indiquent le chemin, de véritables campesinos occupés à la traite du matin qui prennent le temps de converser et de vous expliquer pourquoi leur vallée est si belle…

 

 

 

 

 

 

 

 

Un étonnant désert touristique…Et des palmiers géants qui défient le ciel dans un environnement à près de 3000 mètres d’altitude. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Un seul bus pour relier Salamina à San Felix, départ 6h00, une heure et demie pour boucler les 25km (eh oui, ça va pas bien vite sur ces pistes de montagne !)

 

 

Nous étions les deux seuls clients à bord ! En route, le bus a chargé deux autres personnes, une faible fréquentation peut être liée au fait que nous étions un dimanche.

 

 

Seuls au monde pour cette petite randonnée de 14 km (aller et retour), au cœur de la vallée qui mène à la « finca del mirador » où nous attendent avec la coutumière gentillesse  Luis, Lucie-Maria et leur fils Alex qui rayonnent dans ce somptueux décor.

 

 

 

 

 

 

 

 Café brulant dans un frais soleil matinal, moment de sérénité hors du temps au bout du monde…

 

 

Au-dessus des palmiers, les lojo orejiamarillo perpétuent un incessant ballet musical…

 

 

Alex ne se lasse jamais de ce spectacle quotidien : il nous explique que cet oiseau très rare ne vit  que par la présence du palmier à cire : La « Conure à joues d'or » fait partie des espèces en voie de disparition en raison  de la destruction de son habitat…

 

 

 

 

 

 

Protéger  les « palmas de cera »  c’est accorder un franc sursis à ces magnifiques oiseaux vert et jaunes !

 

 

Un beau dimanche en somme !

 

 

 

 

 

 

(*) Merci à Corinne (de Béziers) pour ses informations  pertinentes.



28/02/2017
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