Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Burundi,..De la faille des Allemands aux sources du Nil..

De la faille des Allemands  aux sources du Nil...

 

Le Burundi dispose peu d’infrastructures touristiques et il n’est pas simple de visiter les centres d’intérêt du pays sans voiture.

 

Nous avons négocié un Toyota  4X4 avec guide et chauffeur pour la journée, afin de  nous rendre à l’Est du pays, une zone de hauts plateaux qui présentent  différents sites remarquables bien souvent ignorés des Burundais eux même!

 

La première difficulté ce n’est pas de trouver le 4X4, mais d’assurer le plein de gas-oil…les files d’attente aux stations continuent d’enfler et le prix du litre est modifiable en permanence.

 

La deuxième difficulté, c’est d’estimer le temps de trajet et la distance réelle à parcourir…nous n’avons pas trouvé de carte détaillée du pays.

 

Janvier, 40 ans passé, notre chauffeur, était d’accord pour faire la route, mais n’avait jamais été où nous souhaitions aller…Déo, le guide, avait quant à lui une bonne connaissance de l’état des routes et des pistes à emprunter, il nous fallait quitter Bujumbura à 6h pour pouvoir rentrer dans la capitale à la nuit tombante.

 

Il nous a fallu discuter le prix de la journée un bon bout de temps avant de trouver le terrain d’entente, quitter la table des négociations, ne rien lâcher le premier jour, et laisser une nuit porter conseil pour que Déo à nouveau nous contacte à l’hôtel reprenant notre proposition…

 

A six heures du matin les rues de Bujumbura et de sa banlieue sont déjà très animées : le Toyota slalome à grand coup de klaxon entre les vélos chargés de canne à sucre ou de ballots de charbon de bois, les minibus garés en désordre sur le bord des routes obligent les nombreux piétons à emprunter la chaussé , évitant les véhicules au dernier instant…

 

Les femmes portent  fruits et légumes sur la tête en direction des marchés, les hommes et les gamins trimballent les houes et les machettes pour les travaux des champs.

 

Devant les échoppes crasseuses et misérables, les grilleurs d’épis de maïs et de brochettes de chèvre s’activent autour des barbecues de fortune…

 

Dans les villas somptueuses qui dominent le lac, « produits » de la corruption assure Déo, on dort encore… des gardiens armés somnolent devant les portails surmontés de barbelés..

 

Il nous faudra 45 minutes pour parvenir à quitter la ville et rejoindre la montagne.

 

La route traverse de superbes collines plantées de sapins et d’Eucalyptus.

 

Parfois noyés dans un brouillard frisquet, des villages traditionnels apparaissent plantés sur les pentes. Des toits de chaume circulaires des habitations de terre, s’échappent des fumées…le thé se prépare.

 

Les incomparables vaches Enkolé aux grandes cornes, fierté des éleveurs Tutsis, pâturent une herbe grasse dans certains endroits, mais devenue rare au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude.

 

Après trois heures de route se terminant par une longue piste caillouteuse, nous arrivons à la « Faille des Allemands » située dans la province de Rutana, non loin de la frontière Tanzanienne.

 

Son nom véritable est la faille de Nyakasu qui s'ouvre sur la dépression du Kumoso. C'est une entaille dans le massif de Nkoma qui surplombe la plaine et se prolonge jusqu’à la Tanzanie.

 

 Cette faille est d'origine tectonique récente et s'étend sur 600 ha ; la dépression dans le massif schisteux est exceptionnelle, offrant un paysage de canyon verdoyant magnifique.

 

Durant la première guerre mondiale, les allemands y avaient installé un fort… sous la pression des troupes Belges et Anglaises, les Teutons abandonnèrent leur position en fuyant par le canyon.

 

Dans les années 80 et dans le cadre de la coopération militaire Franco Burundaise, les commandos Français utilisaient ce site comme terrain d’entrainement, pratiquant des descentes en rappel  le long de ces vertigineuses parois, qui exigent des cordes de 5OO mètres de longueur.

 

Un peu plus au sud, sur la colline de Shanga, se trouvent les chutes de Karera. Ces chutes  s'étendent sur 142 ha. Elles sont divisées en six branches et réparties sur trois paliers.

 

Sur un premier niveau, se trouve une chute principale qui se partage en deux branches parallèles d'une longueur estimée à 80 m environ se déversant sur un bassin.

 

 Cette chute comprend plusieurs cascades de tailles différentes entrecoupées de plates-formes. Les eaux  convergent sur un deuxième palier pour former la troisième cascade qui se déverse sur la vallée.

 

A cette période de l’année le débit est réduit et la magie des eaux écumantes moins spectaculaire, mais le  site reste remarquable dans cette forêt préservée. C’est à partir de 1980 que les chutes de Karera ont été instituées en aire protégée.

 

Le 4X4 quitte la piste pour retrouver la route asphaltée qui épouse les crêtes du Congo-Nil.

 

Après des années de recherches, de controverses et d’hypothèses, les géographes se sont enfin mis d’accord, il n’y a donc plus débat, la source la plus méridionale du Nil est ici, au sud du Burundi !

 

Pour le moment, c’est un filet d’eau qui coule d’un tuyau Pvc (le charme est vite rompu!), en attendant la fin des travaux en cours qui verra la source couler dans de petits bassins aux carreaux de faïence bleue d’un goût douteux….

 

les rares touristes pourront donc voir cette eau limpide se déverser dans des mini bassins avant de rejoindre la Méditerranée.

Il faudra trois mois à l' eau jaillissante de la source, pour parcourir le plus long fleuve d’Afrique avant d’atteindre le delta du Nil en Egypte.

 

Du haut des collines surplombant la source, le regard embrasse une vision panoramique des deux plus grands bassins versants d’Afrique : le bassin du Congo et le bassin du Nil.

 

Sublime!.

 



17/10/2012
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